Aperçu de l’Enquête sur la population active : août 2026

L’emploi dans le secteur du tourisme commence à ralentir à l’approche de la fin de l’été.

Le secteur du tourisme[1] a enregistré, en août 2026, une légère contraction de la main-d’œuvre par rapport à juillet[2], ce qui correspond à la tendance observée ces dernières années, bien qu’elle soit légèrement plus marquée. Avec l’intensification des tensions commerciales et la saison des feux de forêt qui s’est chevauchée avec de violentes tempêtes et des inondations dans diverses régions du pays, l’emploi dans le secteur du tourisme a reculé de près de 2 %.

Le tableau 1 présente un aperçu des performances de chaque secteur associé en termes de population active (PA), d’emploi et de chômage, par rapport à juillet 2026 [variation mensuelle] et août 2025 [variation annuelle], et par rapport à août 2019, qui sert de référence prépandémique. Les petites flèches indiquent des variations inférieures à 1 % (ou à un point de pourcentage, dans le cas du chômage).

Au niveau des secteurs associés, les pertes en population active et en emploi ont été réparties de manière assez homogène. La restauration a enregistré une légère croissance sur les deux indices, et les services de voyage ont également affiché des gains modestes, bien que les données relatives à ce secteur ne soient pas toujours fiables dans l’analyse de la variation mensuelle. Dans l’ensemble, le secteur se trouvait dans une position globalement plus solide que l’année précédente et est resté globalement au-dessus des niveaux de 2019, même si l’hébergement est resté en berne dans l’ensemble.

Secteur du tourisme

Au niveau global du secteur (tableau 2), l’emploi a reculé d’environ 2 % par rapport à juillet, soit une perte de 45 000 travailleurs. La baisse de la population active a été légèrement moins importante, ce qui a fait remonter le taux de chômage à 4,6 %. Le secteur avait connu une croissance comprise entre 2 % et 3 % par rapport à l’année précédente et affichait une hausse d’environ 4,5 % par rapport à 2019.

À titre de comparaison, la population active au niveau national a légèrement augmenté, même si elle a également enregistré une perte d’environ 113 000 personnes en emploi, ce qui a fait passer le taux de chômage de 6,7 % en juillet à 7,3 % en août (chiffres calculés à partir de données non désaisonnalisées).

En août, la part du tourisme dans l’emploi total au Canada est restée pratiquement inchangée par rapport à juillet et a augmenté d’un point de pourcentage par rapport à 2019. Cela pourrait refléter la relative stabilité de l’emploi dans le secteur du tourisme face aux difficultés liées aux droits de douane.

Emploi à temps partiel et à temps plein

La variation du rapport entre l’emploi à temps partiel et l’emploi à temps plein offre un éclairage utile sur la stabilité de la main-d’œuvre dans le secteur du tourisme. Au niveau global, on observe une légère tendance à la hausse de l’emploi à temps plein depuis juillet (figure 1), même si cette variation varie selon les secteurs associés.

Par rapport à l’année précédente, le secteur de la restauration a enregistré un glissement de 7,4 points de pourcentage vers l’emploi à temps plein, et la part de l’emploi à temps partiel est repassée sous les niveaux de 2019. La tendance générale observée ces derniers mois vers une augmentation de l’emploi à temps plein s’est poursuivie dans le secteur de l’hébergement, tandis que celui des loisirs et divertissements a connu une légère tendance vers davantage d’emploi à temps partiel. Le secteur des transports n’a guère évolué, et le glissement important observé dans les services de voyage était probablement dû à des incohérences dans les données.

Heures travaillées

Le nombre total d’heures travaillées fournit une autre analyse utile de la stabilité de la main-d’œuvre touristique (figure 2), en particulier lorsque l’emploi à temps partiel représente une part importante de la main-d’œuvre et lorsque les entreprises peuvent répondre aux variations de la demande en ajustant les heures travaillées plus rapidement qu’elles ne peuvent modifier leurs effectifs de base (chiffres bruts de l’emploi).

Le mois d’août 2026 a enregistré une légère baisse des heures travaillées par rapport à juillet (-3 %), mais affichait une hausse de 6 % par rapport à l’année précédente, poursuivant ainsi la tendance du mois précédent qui consistait à dépasser de 3,6 % les niveaux de 2019.

Au niveau sectoriel (figure 3), les tendances d’une année sur l’autre montrent que l’essentiel des gains par rapport à 2025 a été enregistré dans la restauration et les loisirs et divertissements, qui sont également les deux principaux employeurs du secteur touristique. Le secteur du transport a également connu une croissance par rapport à l’année précédente, tandis que celui de l’hébergement a subi des pertes substantielles (-20 %). La restauration, les loisirs et divertissements, ainsi que les transports ont tous dépassé les niveaux de 2019.

Les jeunes dans le secteur du tourisme

Le tourisme joue un rôle important dans l’insertion professionnelle des jeunes, grâce à sa saisonnalité qui s’aligne étroitement sur les calendriers scolaires et à sa gamme d’opportunités flexibles de travail à temps partiel tout au long de l’année. Les compétences et l’expérience que les jeunes Canadiens acquièrent en travaillant dans le tourisme leur seront utiles tout au long de leur vie, quel que soit le secteur dans lequel ils finiront par travailler. À une époque où le débat public est largement axé sur le chômage des jeunes et la myriade de défis auxquels ils sont confrontés, le tourisme est bien placé pour aider les jeunes à gravir la première marche de l’échelle de l’emploi.

En août, le taux de chômage des jeunes dans le secteur du tourisme représentait un tiers de celui observé dans l’ensemble de l’économie (tableau 4), près de 28 % des jeunes travaillant dans ce secteur. À 4,5 %, le taux de chômage des jeunes dans le secteur du tourisme avait baissé de 1,2 point de pourcentage par rapport à juillet, tandis que son homologue à l’échelle de l’économie avait légèrement augmenté de 0,3 point de pourcentage.

Alors que l’adoption de l’IA menace de réduire les emplois de premier échelon dans de nombreux secteurs et que l’attention politique se tourne vers les risques sociaux et économiques encourus par les jeunes qui ne sont ni scolarisés, ni employés, ni en formation (NEET), le secteur du tourisme continue de jouer un rôle disproportionné dans le soutien aux jeunes Canadiens désireux de travailler.

Gros plan sur l’hébergement

Bien que le secteur associé de l’hébergement ait connu une certaine reprise en début d’année, celle-ci ne s’est pas poursuivie jusqu’à la fin de l’été (tableau 5). Environ 18 000 personnes ont quitté leur emploi dans ce secteur depuis juillet (-9,4 %), ramenant l’emploi total à un peu moins de 178 000 personnes. Le secteur affichait également un effectif nettement inférieur à celui de la même période de l’année précédente (-15 %), et tout aussi inférieur à celui d’avant la pandémie (-23 %). Le taux de chômage était légèrement plus élevé en août qu’en juillet, mais ne différait guère de celui de 2025 ou de 2019.

Gros plan sur la restauration

En août, le secteur de la restauration n’a enregistré qu’une légère hausse par rapport à juillet, mais cette évolution va à contre-courant de la tendance générale à la baisse de l’emploi observée à l’échelle du secteur (tableau 6). Le taux de chômage est resté globalement stable à 4,7 %, tandis que le nombre total d’emplois se maintenait confortablement au-dessus du million. La croissance en glissement annuel était légèrement inférieure à 6 %, et les gains nets par rapport à la période d’avant la pandémie s’élevaient à environ 4 %. Malgré un contexte économique tendu, les Canadiens semblent continuer à manger au restaurant, même s’ils se tournent probablement vers des options de restauration plus abordables.

Gros plan sur les loisirs et divertissements

Les loisirs et les divertissements ont enregistré de légères baisses par rapport au mois précédent, tant au niveau de la population active que de l’emploi (tableau 7), ce qui était peut-être attendu, étant donné que la croissance constante observée au cours de l’année précédente ne pouvait pas se poursuivre indéfiniment. Néanmoins, l’emploi s’est établi à plus de 700 000, soit une hausse de près de 50 000 personnes par rapport à l’année précédente, et de plus de 100 000 par rapport à la période d’avant la pandémie. Le taux de chômage s’est établi à 4,4 %, ce qui correspond à une variation pratiquement nulle par rapport à juillet.

Gros plan sur les transports

Le secteur associé du transport a enregistré des pertes d’environ 6 % par rapport à juillet (tableau 8), portant le taux de chômage du mois d’août à 5 %. L’emploi était légèrement supérieur à celui de l’année précédente, tandis que la population active avait diminué, mais ces deux indices restaient supérieurs d’environ 10 % à leurs niveaux d’avant la pandémie. À ce niveau de détail, il est difficile de déterminer les facteurs à l’origine de cette hausse, même s’il semble probable qu’elle soit au moins en partie due à une augmentation du nombre de chauffeurs de covoiturage, d’autant plus que la frontière entre le covoiturage et la livraison de repas s’estompe (par exemple, les chauffeurs sous contrat à la fois avec Uber et Uber Eats déclarent leur activité de manière à être classés comme chauffeurs transportant des passagers).

Gros plan sur les services de voyage

Comme indiqué précédemment, le secteur associé des services de voyage n’est pas toujours représenté de manière fiable dans les données de l’Enquête sur la population active, en raison des méthodes d’échantillonnage utilisées et de la petite taille de ce secteur associé. Cela signifie que les estimations relatives à l’emploi et à la main-d’œuvre sont sujettes à des fluctuations disproportionnées d’un mois à l’autre, et que de légères variations en valeur absolue peuvent être exagérées lorsqu’elles sont exprimées en pourcentage. Le tableau 9 présente les estimations de l’EPA pour les services de voyage en août 2026, mais celles-ci doivent être interprétées avec prudence.

Perspectives provinciales

L’économie canadienne présente des disparités régionales marquées, ce qui est particulièrement vrai dans le secteur du tourisme. La figure 4 présente une comparaison des taux de chômage provinciaux, tant pour le secteur du tourisme en particulier que pour l’ensemble de la population active (c’est-à-dire toutes les branches d’activité confondues).

En août, le taux de chômage national dans le secteur du tourisme s’élevait à 4,6 %, soit un niveau inférieur à la moyenne nationale de 7,7 % pour l’ensemble de l’économie (calculée à partir de données non désaisonnalisées). Cette tendance s’est confirmée pour chacune des provinces, les taux de chômage dans le secteur du tourisme étant systématiquement inférieurs à ceux de l’économie dans son ensemble. Les taux de chômage dans le secteur du tourisme variaient de 2,9 % à l’Île-du-Prince-Édouard et de 3,3 % au Québec à 5,9 % en Alberta et 6,7 % en Saskatchewan.

Synthèses provinciales pour août 2026

Les dix tableaux suivants présentent les résumés du mois d’août 2026 pour les provinces, en mettant l’accent sur le tourisme et ses cinq secteurs associés. Des données comparatives sont fournies pour l’économie provinciale dans son ensemble, à titre de critère de référence. Des données non désaisonnalisées sont fournies pour la population active, l’emploi et les heures travaillées, et la dernière ligne de chaque tableau indique la part du tourisme dans chacun de ces indicateurs. La part du travail à temps partiel (par opposition au temps plein) est également indiquée, en tant qu’indicateur approximatif de la composition de la main-d’œuvre, ainsi que les taux de chômage.

Lorsque les données n’étaient pas disponibles en raison d’une suppression par Statistique Canada, la mention « N/A » a été inscrite dans le tableau. Les trois territoires ne sont pas inclus dans les publications de l’EPA à ce niveau de détail ; il n’est donc pas possible d’établir une comparaison entre les territoires et les provinces. Les provinces sont classées par ordre alphabétique.

Voir notre Veille sur la main-d’main-d’œuvre en tourisme.


[1] Selon la définition du Compte satellite du tourisme canadien. Les secteurs d’activité du NAICS inclus dans le secteur du tourisme sont ceux qui cesseraient d’exister ou dont le niveau d’activité serait considérablement réduit en conséquence directe de l’absence de tourisme.

[2] SOURCE : Enquête sur la population active de Statistique Canada, tableaux personnalisés. D’après des données non désaisonnalisées recueillies pour la période du 9 au 15 août 2026.