L’emploi progresse à l’approche de l’été.
Bien que le nombre de Canadien(ne)s se rendant aux États-Unis ait continué d’augmenter légèrement au cours des derniers mois[1], nombreux sont ceux et celles qui continuent de privilégier d’autres destinations pour leurs projets de voyage. Cette tendance a favorisé une hausse modérée, d’un mois sur l’autre, de la Population active et de l’emploi dans le secteur du tourisme[2] en juin 2026[3], portant l’emploi dans le tourisme à 2,27 millions de personnes à l’échelle du pays.

Le tableau 1 présente un aperçu des performances de chaque secteur d’activité en termes de Population active (PA), d’emploi et de Chômage, par rapport à mai 2026 [variation mensuelle] et juin 2025 [variation annuelle], et par rapport à juin 2019, qui sert de référence d’avant la pandémie. Les petites flèches indiquent des variations inférieures à 1 % (ou à un point de pourcentage, dans le cas du Chômage).

Au niveau des secteurs d’activité, la plupart ont vu leur population active et leur nombre d’emplois augmenter par rapport au mois de mai, la forte hausse de l’emploi ayant entraîné une baisse des taux de chômage. Le secteur des transports a enregistré une baisse d’un mois sur l’autre, bien que ce phénomène soit normal d’un point de vue saisonnier, car ce secteur comprend les conducteur(e)s d’autobus scolaires, dont beaucoup ont cessé de travailler à la fin de l’année scolaire.
La plupart des secteurs se trouvaient également dans une situation bien plus favorable que l’année dernière. Les données relatives aux services de voyage continuent d’indiquer que le secteur reste en difficulté, et bien que les détails de ces données restent peu fiables (comme nous l’avons évoqué les mois précédents), la tendance générale à l’absence de rebond après la crise du coronavirus (COVID-19) se poursuit.
Secteur du tourisme
Au niveau sectoriel, on a observé une croissance modérée tant de la population active que de l’emploi par rapport au mois de mai, avec environ 53 000 personnes entrant sur le marché du travail et 85 000 trouvant un emploi (tableau 2). Cela a fait baisser le taux de chômage à 4,3 %.
Le secteur se trouvait dans une situation comparable à celle de l’année dernière, avec des hausses comprises entre 2 % et 4 % pour ces deux indices. La croissance a été légèrement plus marquée par rapport à 2019, même si, comme cela a généralement été le cas ces deux dernières années, cette croissance a principalement concerné deux secteurs : les loisirs et les divertissements, ainsi que les transports.

Les gains nets du secteur du tourisme ont dépassé ceux de l’économie nationale dans son ensemble (tableau 3), près de 40 % de tous les nouveaux emplois ayant été créés dans ce secteur. Le taux de chômage à l’échelle de l’économie a baissé de 0,5 point de pourcentage (p.p.) pour s’établir à 6,1 % (calculé à partir de données non désaisonnalisées), tandis que le taux de chômage dans le secteur du tourisme est resté nettement inférieur à ce chiffre (-1,8 p.p.).

L’emploi dans le secteur du tourisme représentait 10,5 % de l’emploi total au Canada, soit un chiffre légèrement supérieur à celui du mois dernier (+0,3 p.p.) et également supérieur à celui de juin 2019 (+0,8 p.p.). Environ 9,9 % de la population active canadienne occupait un emploi dans le secteur du tourisme, ce qui représente une légère augmentation par rapport au mois de mai.
Emploi à temps partiel et à temps plein
Le rapport entre l’emploi à temps partiel et l’emploi à temps plein offre un éclairage intéressant sur la stabilité de la population active, en particulier dans les secteurs qui proposent de nombreux emplois à temps partiel pendant les basses saisons, mais qui augmentent leurs effectifs à temps plein pendant l’été. Les comparaisons d’une année sur l’autre permettent également de mieux cerner l’évolution de la composition globale du secteur. Alors que le tourisme affiche généralement une part globale d’emploi à temps partiel de l’ordre de 40 %, on observe des variations considérables d’un secteur associé à l’autre (figure 1).

En ce qui concerne les secteurs associés, la part du travail à temps partiel a peu évolué par rapport au mois de mai, avec un glissement net vers le travail à temps plein de 0,7 p.p. Le secteur comptait un peu plus d’emplois à temps partiel qu’en juin 2019, bien que la différence soit minime.
Le secteur associé de l’hébergement a connu un léger glissement vers le travail à temps partiel, mais est resté nettement en deçà des niveaux d’avant la pandémie (7,5 p. p.). Le secteur associé de la restauration a enregistré une légère baisse de l’emploi à temps partiel, revenant aux tendances d’avant la pandémie, tandis que le secteur associé des loisirs et des divertissements n’a connu qu’une très faible variation d’un mois à l’autre, mais dépendait de 4,3 p. p. davantage des travailleur(euse)s à temps partiel qu’en 2019. Le secteur des transports a connu une légère évolution vers davantage de travail à temps partiel depuis mai, ce qui représente une augmentation plus substantielle par rapport aux années précédentes (environ +6 p. p.). Les services de voyage — dans la mesure où les données récentes sont fiables — affichent une baisse du travail à temps partiel d’un mois sur l’autre, mais une augmentation d’une année sur l’autre.
Heures travaillées
Le nombre total d’heures travaillées offre une autre perspective utile sur la main-d’œuvre du secteur du tourisme (figure 2), car cet indicateur réagit plus immédiatement aux variations de la demande des clients que les chiffres bruts de l’emploi seul. En juin, les heures travaillées ont augmenté de 5,6 % par rapport à mai et étaient supérieures d’environ 3,5 % à celles de l’année dernière, même si elles restaient légèrement en deçà (-0,6 %) des niveaux de 2019.

En ce qui concerne les secteurs associés (figure 3), le nombre total d’heures travaillées a affiché une tendance à la hausse dans tous les secteurs à l’exception des services de voyage, la plus forte progression relative ayant été observée dans l’hébergement (+8 %). Les secteurs de l’hébergement, des loisirs et des divertissements, ainsi que des transports, ont tous dépassé les totaux de 2019, tandis que celui de la restauration et des débits de boissons — bien qu’affichant globalement une croissance régulière d’une année sur l’autre — est resté en deçà de ce seuil de référence.

Les jeunes dans le secteur du tourisme
Le secteur du tourisme joue un rôle important dans l’insertion des jeunes sur le marché du travail grâce à sa saisonnalité, qui s’aligne étroitement sur le calendrier scolaire, et à ses opportunités de travail à temps partiel tout au long de l’année. /Les compétences et l’expérience que les jeunes Canadien(ne)s acquièrent en travaillant dans le tourisme leur seront utiles tout au long de leur vie, quel que soit le secteur dans lequel ils ou elles finiront par travailler. À une époque où le débat public est largement axé sur le chômage des jeunes et les innombrables défis auxquels ils sont confrontés, le tourisme est bien placé pour aider les jeunes à franchir la première étape vers l’emploi.

Le secteur continue d’offrir aux jeunes de meilleures perspectives sur le marché du travail que l’économie canadienne dans son ensemble (tableau 4), plus d’un quart de l’ensemble des jeunes actif(ve)s occupant un emploi dans le tourisme. Cependant, seuls 12 % de l’ensemble des jeunes sans emploi recherchent un emploi dans le tourisme, le taux de chômage des jeunes dans notre secteur s’élevant à 6,1 % contre 12,6 % tous secteurs confondus.
Gros plan sur l’hébergement
La population active et l’emploi ont tous deux enregistré des hausses substantielles par rapport à mai (+13,5 % et +17,6 %, respectivement), avec un gain net de près de 30 000 salarié(e)s en juin (tableau 5). Le secteur associé de l’hébergement comptait environ 23 000 personnes de plus qu’à la même période l’année dernière, et bien qu’il n’ait pas tout à fait dépassé les niveaux de 2019, l’écart a continué de se réduire. Le taux de chômage est tombé à 3,9 %, son plus bas niveau depuis juin 2024.

Gros plan sur la restauration
Le secteur associé de la restauration n’a guère évolué par rapport au mois de mai (tableau 6), avec une légère hausse de l’emploi (+1,1 %) et une population active pratiquement inchangée. Ces deux facteurs ont contribué à faire baisser le taux de chômage à 4,6 %, un niveau comparable à celui observé la plupart des étés. Malgré une croissance plus lente qu’en mai, tant l’emploi que la population active ont progressé par rapport à l’année dernière, et l’emploi a légèrement dépassé les niveaux de 2019.

Gros plan sur les loisirs et divertissements
Le secteur associé des loisirs et des divertissements a continué d’afficher de solides performances en juin (tableau 7), avec près de 50 000 personnes ayant trouvé un emploi. Les chiffres de l’emploi étaient également en hausse par rapport à l’année dernière, et le secteur comptait 100 000 personnes de plus qu’en 2019. Le taux de chômage a baissé à 5,7 %.

Gros plan sur les transports
Le secteur des transports a enregistré une baisse tant de la population active que de l’emploi par rapport au mois de mai (tableau 8), probablement en raison de la fin de l’année scolaire et de l’impact que cela peut avoir sur les conducteur(e)s d’autobus. Toutefois, le secteur a conservé sa position solide par rapport à l’année dernière et a continué à afficher des résultats supérieurs à ceux de 2019, comme c’est le cas depuis quelques années. Le taux de chômage a baissé à 1,4 %, sous l’effet d’une diminution plus marquée de la population active que de l’emploi.

Gros plan sur les services de voyage
Comme toujours, les données relatives aux services de voyage ne sont pas toujours fiables, car elles sont sujettes à des fluctuations disproportionnées d’un mois à l’autre. Cela s’explique en partie par l’échantillonnage utilisé dans l’Enquête sur la population active (EPA) et en partie par la part relativement faible que représente ce secteur au sein de la population active canadienne. Il n’est pas rare d’observer des variations d’un mois à l’autre de plus ou moins 5 % à 10 %, sans tendance claire. De plus, la tendance à l’amplification des faibles écarts absolus lorsqu’ils sont exprimés en pourcentages peut fausser l’interprétation des résultats de l’EPA.
Les données présentées dans le tableau 9 reflètent les estimations de l’EPA de juin 2026, mais elles doivent être considérées avec prudence. Elles suggèrent une certaine baisse par rapport au mois dernier et à l’année dernière, mais l’ordre de grandeur de la différence par rapport à 2019 est plus fiable : il indique que, bien que les chiffres bruts ne soient pas entièrement fiables, le secteur n’a pas réussi à retrouver ses niveaux d’avant la pandémie, et compte tenu de la persistance à long terme de ce déficit, il semble peu probable que ce groupe sectoriel retrouve un jour sa taille antérieure. La popularité croissante des services de réservation en ligne et des itinéraires générés par l’IA explique probablement en grande partie la contraction du secteur.

Perspectives provinciales
L’économie canadienne présente des disparités régionales marquées, ce qui est particulièrement vrai dans le secteur du tourisme. La figure 4 présente une comparaison des taux de chômage provinciaux, tant pour le secteur du tourisme en particulier que pour l’ensemble de la population active (c’est-à-dire toutes les branches d’activité confondues).
En juin 2026, le taux de chômage national dans le secteur du tourisme était inférieur à celui de l’économie canadienne dans son ensemble, et cette tendance s’est également vérifiée dans toutes les provinces sauf deux. À Terre-Neuve-et-Labrador, le secteur du tourisme affichait un taux de chômage supérieur d’un point de pourcentage à la moyenne provinciale pour l’ensemble de l’économie, tandis que l’écart était beaucoup plus faible à l’Île-du-Prince-Édouard. Il convient de noter que ces deux provinces connaissent des variations saisonnières particulièrement marquées de la demande touristique, et que le mois de juin peut encore être relativement précoce dans leur cycle de demande.
Les taux de chômage dans le secteur du tourisme variaient de 2,9 % au Manitoba et de 3,9 % en Ontario à 8,1 % à Terre-Neuve-et-Labrador et 5,6 % à l’Île-du-Prince-Édouard. Alors que la demande estivale continue de stimuler l’emploi dans l’ensemble du secteur touristique, il est probable que les taux de chômage provinciaux dans ce secteur resteront globalement inférieurs à ceux observés dans l’ensemble de l’économie.

Synthèses provinciales pour juin 2026
Les dix tableaux suivants présentent les résumés de mai 2026 pour les provinces, en mettant l’accent sur le tourisme et ses cinq secteurs associés. Des données comparatives sont fournies pour l’ensemble de l’économie provinciale, à titre de critère de référence. Des données non désaisonnalisées sont fournies pour la population active, l’emploi et les heures travaillées, et la dernière ligne de chaque tableau indique la part du tourisme dans chacun de ces indicateurs. La part du travail à temps partiel (par opposition au temps plein) est également fournie, en tant qu’indicateur approximatif de la composition de la main-d’œuvre, ainsi que les taux de chômage.
Lorsque les données n’étaient pas disponibles en raison d’une suppression par Statistique Canada, la mention « N/A » a été inscrite dans le tableau. Les trois territoires ne sont pas inclus dans les publications de l’EPA à ce niveau de détail, de sorte qu’aucune comparaison n’est possible entre les territoires et les provinces. Les provinces sont classées par ordre alphabétique.










Voir notre Veille sur la main-d’main-d’œuvre en tourisme.
[1] Source: Statistique Canada, Indicateur avancé des arrivées internationales au Canada, juin 2026.
[2] Selon la définition du Compte satellite du tourisme canadien. Les secteurs de la SCIAN inclus dans le secteur du tourisme sont ceux qui cesseraient d’exister ou qui seraient exploités à un niveau d’activité considérablement réduit en conséquence directe de l’absence de tourisme.
[3] Source : Enquête sur la population active de Statistique Canada, tableaux personnalisés. Les données, non corrigées des variations saisonnières, ont été recueillies pour la période du 14 au 20 juin 2026.