La hausse de l’emploi en début d’été a permis à plus de 120 000 travailleurs de rejoindre le secteur du tourisme.
Le secteur du tourisme[1] en mai 2026 a enregistré des gains substantiels par rapport au mois précédent[2], avec une population active en hausse d’environ 107 000 personnes (+4,8 %) et l’emploi en hausse d’environ 123 000 personnes (+6,0 %). Le mois de mai coïncide avec la première vague d’emplois d’été, car de nombreux étudiants de l’enseignement supérieur entrent sur le marché du travail pour la saison ou augmentent leurs heures/quarts de travail dans les emplois à temps partiel qui leur permettent de subvenir à leurs besoins tout au long de l’année.
Les exploitants touristiques s’attendent généralement à une hausse de la demande dans les mois à venir, bien que les conditions géopolitiques et économiques actuelles auxquelles sont confrontés les Canadiens puissent fausser les tendances habituelles. Les données aux frontières pour mai 2026[3] suggèrent que les Canadiens commencent à se rendre davantage aux États-Unis, bien que les chiffres restent nettement inférieurs à ceux de 2024. La mesure dans laquelle les Canadiens choisiront de passer leurs vacances au pays cet été sera un facteur important pour la demande à laquelle seront confrontés les exploitants canadiens.

Le tableau 1 présente un aperçu des performances de chaque secteur associé en termes de population active, d’emploi et de chômage, par rapport à avril 2026 [en variation mensuelle] et mai 2025 [en variation annuelle], ainsi qu’une comparaison avec mai 2019, qui sert de référence prépandémique. Les petites flèches indiquent des variations inférieures à 1 % (ou d’un point de pourcentage, dans le cas du chômage).

À propos des secteurs associés, tous les secteurs à l’exception des transports ont enregistré des hausses de plus de 1 % par rapport à avril, tant au niveau de la population active que de l’emploi, et presque tous les secteurs se trouvaient dans une situation plus favorable que l’année dernière. Les raisons de la contraction du secteur associé du transport ne sont pas évidentes, bien que la population active ait diminué davantage que l’emploi, ce qui a fait baisser le taux de chômage.
Dans l’ensemble, la situation par rapport à 2019 n’a guère varié par rapport aux tendances observées au cours des 18 derniers mois : les loisirs et divertissements ainsi que les transports ont continué à surperformer les autres secteurs associés, entraînant ensemble l’ensemble du secteur vers la croissance.
Secteur du tourisme
Environ 123 000 personnes ont trouvé un emploi dans le tourisme en mai, portant l’emploi total à près de 2,2 millions de travailleurs (tableau 2), tandis que la population active a atteint 2,3 millions. L’augmentation de la population active a été légèrement plus faible, bien que substantielle, ce qui a contribué à faire baisser le taux de chômage global à 5,8 %. Le secteur a enregistré un solde positif d’environ 50 000 personnes par rapport à l’année dernière, et de plus de 60 000 par rapport à mai 2019.

La main-d’œuvre du secteur du tourisme a enregistré des gains relativement plus importants que l’ensemble de l’économie canadienne (tableau 3), environ un tiers de toutes les créations d’emplois ayant eu lieu dans le secteur du tourisme. Le taux de chômage à l’échelle de l’économie est passé de 7,1 % en avril à 6,6 % (calculé à partir de données non désaisonnalisées), le taux de chômage dans le secteur du tourisme restant inférieur de 0,8 point de pourcentage au critère de référence.

L’emploi dans le secteur du tourisme représentait 10,3 % de l’emploi total au Canada, soit une légère augmentation par rapport aux 9,9 % enregistrés en avril. Environ 9,6 % de la population active canadienne travaillait dans le secteur du tourisme, soit une augmentation parallèle de 0,4 point de pourcentage par rapport au mois dernier.
Emploi à temps partiel et à temps plein
Le rapport entre l’emploi à temps partiel et l’emploi à temps plein offre une perspective utile sur la stabilité de la population active, en particulier dans les secteurs qui ont tendance à proposer des emplois à temps partiel pendant les basses saisons et à augmenter leurs effectifs en été. Le secteur du tourisme affiche généralement une part globale d’emploi à temps partiel d’environ 40 %, avec des variations substantielles entre les industries (figure 1). Statistique Canada définit le travail à temps partiel comme un travail de moins de 30 heures par semaine.

L’ensemble du secteur a connu un glissement du travail à temps partiel vers le travail à temps plein d’environ 4 points de pourcentage, et la plupart des secteurs ont suivi cette tendance générale. Les services de voyage ont fait exception à cette tendance, car ils ne sont généralement pas représentés de manière très précise dans les données de l’Enquête sur la population active (EPA), en raison de leur faible taille par rapport à l’ensemble de la population active canadienne.
Dans le secteur de l’hébergement, la part de la main-d’œuvre à temps partiel a chuté en dessous de son niveau de l’année dernière, poursuivant une tendance continue vers un recours accru aux travailleurs à temps plein. La part de la main-d’œuvre à temps partiel dans la restauration est tombée à des niveaux comparables à ceux de l’année dernière et de 2019, bien que mai 2024 ait connu un niveau anormalement élevé d’emploi à temps partiel. Dans le secteur des loisirs et des divertissements, l’emploi à temps partiel a également suivi les tendances habituelles, mais dans ce cas, c’est l’année 2025 qui constituait une année de référence anormale. La part des travailleurs à temps partiel dans le secteur des transports a baissé par rapport à avril, mais est restée supérieure de plusieurs points de pourcentage à celle des dernières années, voire à celle de 2019, qui servait de référence prépandémique.
Heures travaillées
Le nombre total d’heures travaillées offre une autre perspective utile sur la main-d’œuvre du secteur du tourisme (figure 2), car cet indicateur réagit plus immédiatement aux variations de la demande des clients que les chiffres bruts de l’emploi seuls.
Les heures travaillées ont augmenté d’environ 10 % par rapport à avril, soit une hausse quatre fois supérieure à celle de l’économie canadienne dans son ensemble. Les heures travaillées dans le secteur du tourisme en mai ont augmenté régulièrement au cours des trois dernières années, bien que le total n’ait pas encore atteint le niveau de 2019.

Au niveau sectoriel (figure 3), le nombre total d’heures travaillées a affiché une tendance à la hausse par rapport à l’année dernière dans l’hébergement (+6,4 %), la restauration (+3,0 %) et les loisirs et divertissements (+3,2 %), tandis qu’il a légèrement diminué dans les transports (-0,2 %) et — dans la mesure où les données sont fiables — dans les services de voyage (-17 %). Seuls les secteurs des loisirs et du divertissement ainsi que des transports ont dépassé les niveaux de mai 2019, bien que l’écart continue de se réduire pour les autres secteurs associés.

Les jeunes dans le secteur du tourisme
Le mois dernier, nous avons examiné de plus près les jeunes travailleurs du secteur du tourisme, afin d’attirer l’attention sur les différences entre le tourisme en tant que secteur d’emploi pour les jeunes et la situation des jeunes dans l’ensemble de l’économie canadienne. Ce mois-ci, nous continuons à inclure des statistiques générales sur l’emploi et le chômage des jeunes. Pour des informations démographiques plus détaillées sur la main-d’œuvre en tourisme, veuillez consulter notre Veille sur la main-d’œuvre en tourisme.
Dans le débat public, on a tendance à négliger l’importance du tourisme pour l’insertion professionnelle des jeunes Canadiens. Les compétences que les emplois dans ce secteur peuvent permettre d’acquérir, même au cours d’une courte période, sont essentielles à la santé globale de l’économie canadienne, sans parler des carrières enrichissantes qui attendent ceux qui choisissent de rester dans le secteur.

Le tourisme reste une source d’emploi plus fiable pour les jeunes que de nombreux autres secteurs. L’écart entre les taux de chômage des jeunes a persisté en mai par rapport à avril, et s’est même légèrement creusé : le taux de chômage des jeunes dans l’ensemble de l’économie est resté stable, tandis que celui du secteur du tourisme a baissé de 0,9 point de pourcentage.
De même, la variation de la part du tourisme dans la population active ou l’emploi global des jeunes a été très faible, bien que la part des jeunes sans emploi dans le secteur du tourisme soit passée de 16 % en avril à 14,2 % en mai. Cela correspond à la croissance saisonnière de l’emploi dans les industries du tourisme, alors que les voyages estivaux commencent à reprendre et que les étudiants de l’enseignement supérieur entrent en grand nombre sur le marché du travail.
Gros plan sur l’hébergement
La population active et l’emploi ont tous deux connu une croissance à deux chiffres dans le secteur associé de l’hébergement par rapport au mois dernier (tableau 5), avec plus de 22 000 personnes entrant sur le marché du travail dans ce secteur en mai. Les gains en matière d’emploi ont dépassé ceux de la population active, ce qui a fait baisser le taux de chômage à 7,2 %. Le secteur se trouvait également dans une position plus solide par rapport à l’année dernière, même s’il restait 4 à 5 % en deçà des niveaux prépandémiques. Il est intéressant de noter que l’écart entre les données de 2026 et celles de 2019 s’est considérablement réduit par rapport à avril, où tant la population active que l’emploi se situaient à environ 12 % en dessous des niveaux prépandémiques.

Gros plan sur la restauration
Le secteur de la restauration a enregistré une croissance de près de 4 % par rapport à avril (tableau 6), tant au niveau de la population active que de l’emploi, des chiffres qui correspondent étroitement aux variations d’une année sur l’autre. Le chômage a peu évolué. Le secteur est resté légèrement en deçà des niveaux de 2019.

Gros plan sur les loisirs et divertissements
Le taux de chômage dans le secteur associé des loisirs et divertissements est tombé à 7,4 % en mai, contre 10,6 % en avril, la hausse de l’emploi devançant celle de la population active (tableau 7). La situation par rapport à l’année dernière était moins homogène, même si la différence nette s’est également traduite par une baisse du taux de chômage. Le secteur se trouvait dans une position bien plus solide qu’en 2019, avec un peu moins de 100 000 personnes ayant rejoint le secteur depuis lors.

Gros plan sur les transports
Le secteur des transports a enregistré de légères pertes par rapport à avril, avec des baisses de moins de 1 % tant au niveau de la population active que de l’emploi (tableau 8). Par rapport à l’année dernière, le secteur se trouvait dans une position quelque peu plus solide, tout comme c’était le cas par rapport à 2019. Alors que les loisirs et les divertissements semblent poursuivre leur trajectoire de forte croissance, le secteur associé du transport — qui s’est redressé relativement tôt après la pandémie — a commencé à ralentir.

Gros plan sur les services de voyage
Les données de l’Enquête sur la population active (EPA) relatives aux services de voyage ne sont pas toujours fiables, en particulier à court terme, car elles sont sujettes à des fluctuations disproportionnées d’un mois à l’autre. Cela s’explique en partie par un effet d’amplification résultant de la conversion des chiffres bruts en pourcentages, mais aussi par la petite taille de ce secteur associé des services de voyage par rapport au tourisme dans son ensemble, et plus encore par rapport à l’économie dans son ensemble. De faibles différences absolues peuvent être déformées dans cette analyse, ce qui a conduit à des fluctuations anormalement importantes d’un mois à l’autre ces dernières années.
Les données fournies ici reflètent les résultats de l’enquête sur la population active (EPA) de mai 2026, mais elles doivent être considérées avec prudence (tableau 9). Bien que les variations mensuelles — et, dans une moindre mesure, d’une année à l’autre — ne soient pas fiables tant en termes d’ampleur que de direction (gains par rapport à des pertes), il est clair que ce secteur reste soumis à une forte pression sur la main-d’œuvre depuis la pandémie.

Perspectives provinciales
L’économie canadienne présente des différences régionales marquées, ce qui est particulièrement vrai dans le secteur du tourisme. La figure 4 compare les taux de chômage provinciaux pour le secteur du tourisme en particulier et pour l’ensemble de la population active (c’est-à-dire l’ensemble de l’économie).
En mai 2026, le taux de chômage national dans le secteur du tourisme est resté inférieur à celui de l’ensemble de l’économie, une tendance qui s’est vérifiée dans la majorité des provinces. Seules la Colombie-Britannique, le Québec, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador ont enregistré des taux de chômage dans le secteur du tourisme supérieurs à ceux de l’ensemble de leur économie.
Les taux de chômage provinciaux variaient de 3,9 % au Manitoba et 4,9 % en Alberta à 8,8 % en Colombie-Britannique et 10,6 % à Terre-Neuve-et-Labrador. Il reste à voir si ces tendances se maintiendront à mesure que la demande touristique estivale augmentera au cours des prochains mois.

Synthèses provinciales pour mai 2026
Les dix tableaux suivants présentent les résumés de mai 2026 pour les provinces, en mettant l’accent sur le tourisme et ses cinq secteurs associés. Des données comparatives sont fournies pour l’ensemble de l’économie provinciale, à titre de critère de référence. Des données non désaisonnalisées sont fournies pour la population active, l’emploi et les heures travaillées, et la dernière ligne de chaque tableau indique la part du tourisme dans chacun de ces indicateurs. La part du travail à temps partiel (par opposition au temps plein) est également fournie, en tant qu’indicateur approximatif de la composition de la main-d’œuvre, ainsi que les taux de chômage.
Lorsque les données n’étaient pas disponibles en raison d’une suppression par Statistique Canada, la mention « N/A » a été inscrite dans le tableau. Les trois territoires ne sont pas inclus dans les publications de l’EPA à ce niveau de détail, de sorte qu’aucune comparaison n’est possible entre les territoires et les provinces. Les provinces sont classées par ordre alphabétique.










Voir notre Veille sur la main-d’main-d’œuvre en tourisme.
[1] Selon la définition du Compte satellite du tourisme canadien. Les secteurs de la SCIAN inclus dans le secteur du tourisme sont ceux qui cesseraient d’exister ou qui seraient exploités à un niveau d’activité considérablement réduit en conséquence directe de l’absence de tourisme.
[2] SOURCE : Enquête sur la population active de Statistique Canada, tableaux personnalisés. D’après des données non désaisonnalisées recueillies pour la période du 10 au 16 mai 2026.
[3] SOURCE : Statistique Canada, Indicateur avancé des arrivées internationales au Canada, mai 2026. https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/260611/dq260611d-eng.htm