Aperçu de l’Enquête sur la population active : juillet 2026

Le tourisme continue d’envoyer des signaux positifs au marché du travail.

Alors que la saison estivale bat son plein, l’emploi dans le secteur du tourisme[1] a enregistré une hausse de la population active et de l’emploi en juillet 2026 par rapport à juin[2]. L’emploi a dépassé les 2,3 millions, soit une augmentation de près de 90 000 par rapport au mois précédent. Le chômage a légèrement augmenté, en raison d’une progression plus forte de la population active que de l’emploi. L’emploi dans le secteur du tourisme a atteint 11 % de l’emploi total au Canada, alors que l’économie dans son ensemble a enregistré une perte de près de 130 000 emplois.

Le tableau 1 présente un aperçu des performances de chaque secteur associé en termes de population active (PA), d’emploi et de chômage, par rapport à juin 2026 [variation mensuelle] et juillet 2025 [variation annuelle], et par rapport à juillet 2019, qui sert de référence prépandémique. Les petites flèches indiquent des variations inférieures à 1 % (ou à un p.p., dans le cas du chômage).

Dans l’ensemble, la plupart des secteurs associés ont continué d’afficher une croissance à mesure que l’été avançait, même si le secteur associé de l’hébergement a connu un ralentissement en juillet et que les services de voyage ont également enregistré des pertes — bien que, comme le soulignent régulièrement ces rapports, les données relatives aux services de voyage ne soient pas nécessairement fiables à court terme.

Par rapport à l’année précédente, la plupart des indices ont affiché une amélioration, et l’éventail des secteurs ayant dépassé les niveaux de 2019 s’est élargi pour inclure les services de restauration.

Secteur du tourisme

Au niveau global du secteur (tableau 2), l’effectif national du tourisme a augmenté d’environ 4 % en juillet, tant en termes de population active que d’emploi. Ces deux indices étaient également nettement supérieurs à ceux de l’année précédente et d’avant la pandémie.

Le taux de chômage est resté relativement stable par rapport à juin, n’enregistrant qu’une légère hausse à 4,4 %. Cela a montré une certaine variation par rapport à l’année précédente et à 2019, et bien que les différences en termes de pourcentage n’aient pas été très importantes, les chiffres bruts du chômage pour juillet 2026 étaient inférieurs de 20 000 à ceux de 2019.

Par rapport à l’économie nationale dans son ensemble (tableau 3), le secteur du tourisme se trouvait dans une situation nettement plus favorable. Alors que la population active totale n’a augmenté que de 2700 personnes, le tourisme a créé 95 000 nouveaux emplois dans son bassin d’emploi. Et alors que l’emploi global a reculé de près de 128 000 personnes, le tourisme en a créé près de 90 000. Le taux de chômage global a augmenté depuis juin pour atteindre 6,7 % (calculé à partir de données non désaisonnalisées), soit une hausse de 0,6 point de pourcentage.

En juillet, la part du tourisme dans l’emploi total au Canada a atteint 11 %, soit un point de pourcentage de plus qu’en 2019. Environ 10 % de l’ensemble de la population active canadienne occupait un emploi dans le secteur du tourisme. Ce secteur semble aller à contre-courant des tendances économiques générales, mais il reste à voir s’il s’agit d’une évolution durable ou d’une anomalie saisonnière.

Emploi à temps partiel et à temps plein

Le rapport entre l’emploi à temps partiel et l’emploi à temps plein fournit des analyses utiles sur la stabilité de la main-d’œuvre au fil du temps. La figure 1 montre une évolution constante, dans tous les secteurs associés, vers une diminution de l’emploi à temps partiel — c’est-à-dire vers des taux plus élevés d’emploi à temps plein. Au niveau sectoriel, la baisse était d’environ 4 points de pourcentage, ce qui masquait les variations entre les secteurs associés mais s’alignait sur le ratio de juillet 2019.

Le secteur de l’hébergement a connu une très légère baisse du travail à temps partiel, tout comme celui de la restauration. Dans le secteur de l’hébergement, la tendance récente s’établit autour de 18 % ou 19 % d’emploi à temps partiel, soit un niveau légèrement inférieur à celui prépandémique. Dans le secteur de la restauration, le glissement vers l’emploi à temps plein a été plus marqué, et le taux est également tombé en dessous des niveaux prépandémiques. Les secteurs des loisirs et des divertissements ainsi que des transports ont connu des évolutions plus marquées en termes de variation mensuelle, s’éloignant du travail à temps partiel, mais restent plus dépendants du travail à temps partiel qu’ils ne l’étaient en juin 2019.

La volatilité des données relatives aux services de voyage rend les conclusions à court terme moins fiables, mais il est intéressant de noter que les estimations de juillet 2026 indiquaient une augmentation de l’emploi à temps partiel d’environ 5 points de pourcentage depuis le début de la pandémie, ce qui suggère que, bien que ce secteur puisse se stabiliser, il reste moins fiable en tant que source d’emploi à temps plein axé sur une carrière.

Heures travaillées

Le nombre total d’heures travaillées constitue un autre indicateur utile pour évaluer la demande de main-d’œuvre dans l’ensemble du secteur du tourisme (figure 2), en particulier dans les secteurs qui recourent largement à l’emploi à temps partiel et où les chiffres bruts de l’emploi peuvent, à eux seuls, fausser légèrement la réalité. Le nombre total d’heures travaillées en juillet 2026 a enregistré une hausse considérable par rapport à juin (+7,0 %) et à l’année précédente (+5,3 %), et a dépassé les niveaux de 2019 (+2,5 %). Compte tenu à la fois de la hausse de l’emploi et de la tendance générale vers davantage d’emplois à temps plein en juillet, ces chiffres viennent étayer l’idée selon laquelle le secteur joue bel et bien un rôle important dans l’économie canadienne. Il faut espérer que cette tendance se poursuivra en août, même si l’intensité des feux de forêt qui ravagent une grande partie de l’ouest du Canada pourrait avoir un impact.

Si l’on examine l’évolution d’une année sur l’autre au niveau des secteurs associés (figure 2), le nombre total d’heures travaillées a légèrement augmenté dans tous les secteurs, à l’exception du secteur associé des services de voyage, qui sont restés à environ la moitié de leur niveau prépandémique. Le secteur de l’hébergement n’a enregistré qu’une très légère variation annuelle par rapport à 2025 (+1,3 %), tandis que la restauration a affiché la plus forte augmentation (+8,3 %) et que les transports (+6,5 %) ainsi que les loisirs et divertissements (+3,4 %) ont connu des hausses modérées.

Pour trois de ces secteurs (restauration, loisirs et divertissements, et transports), la variation annuelle s’est maintenue à un niveau relativement stable depuis le pic des restrictions liées à la pandémie en 2020, et tous trois ont dépassé les niveaux de juillet 2019. La trajectoire de reprise et de relance s’est avérée plus complexe pour le secteur de l’hébergement, qui a connu une hausse substantielle en juillet 2023 (coïncidant avec un pic plus modeste mais néanmoins significatif dans les services de voyage) ; cette évolution s’explique probablement par le fait que l’été 2023 a été le premier à ne connaître que peu, voire aucune, restriction de voyage.

Les jeunes dans le secteur du tourisme

Le tourisme joue un rôle important dans l’insertion des jeunes sur le marché du travail, grâce à sa saisonnalité qui s’aligne étroitement sur les calendriers scolaires et à son éventail d’opportunités flexibles d’emploi à temps partiel tout au long de l’année. Les compétences et l’expérience que les jeunes Canadiens acquièrent en travaillant dans le tourisme leur seront utiles tout au long de leur vie, quel que soit le secteur dans lequel ils finiront par travailler. À une époque où le débat public est largement axé sur le chômage des jeunes et les innombrables défis auxquels ils sont confrontés, le tourisme est bien placé pour aider les jeunes à franchir la première étape vers l’emploi.

En juillet (tableau 4), le tourisme est resté un secteur important pour l’emploi des jeunes, avec plus d’un quart de l’ensemble des jeunes actifs occupant un emploi dans ce secteur, alors que la part globale de ce dernier dans la main-d’œuvre (toutes tranches d’âge confondues) s’élevait à 10 %. Et malgré la forte proportion de jeunes travaillant dans le tourisme, seuls 11 % de l’ensemble des jeunes sans emploi de l’ensemble de l’économie recherchaient un emploi dans ce secteur. Cela se reflète dans les taux de chômage des jeunes : le taux des jeunes dans le secteur du tourisme était inférieur de plus de moitié à celui de l’ensemble de l’économie.

Gros plan sur l’hébergement

En juillet, le secteur associé de l’hébergement a enregistré une baisse d’environ 1,5 % de sa population active par rapport à juin, mais une perte d’emplois bien moindre, ce qui a contribué à faire baisser le taux de chômage à 2,8 % (tableau 5). Ce déséquilibre suggère un défi structurel lié à la mobilité des travailleurs : les personnes quittent le secteur lorsqu’il existe un décalage entre leur lieu de résidence et les lieux où se trouvent les emplois. Dans un contexte économique moins difficile, on pourrait penser que les personnes sont attirées par d’autres secteurs, mais la situation actuelle montre que le tourisme dans son ensemble progresse plus rapidement que de nombreux autres secteurs. Compte tenu du coût de la vie élevé et de la pénurie de logements locatifs abordables à proximité de nombreux établissements ruraux et de villégiature, cela a probablement constitué un facteur important contribuant à cette baisse. La main-d’œuvre du secteur de l’hébergement est restée inférieure d’environ 14 % à ce qu’elle était avant les perturbations liées à la pandémie.

Gros plan sur la restauration

Comme l’indique l’indicateur du nombre total d’heures travaillées, le secteur de la restauration a enregistré en juillet une progression soutenue tant au niveau de la population active que de l’emploi (tableau 6), ce qui s’est traduit par une hausse de plus de 3,5 % pour ces deux indices. Le taux de chômage a peu varié par rapport à juin et, bien que le secteur ait affiché une forte progression par rapport à l’année précédente, ce taux est resté stable, ce qui suggère que le secteur s’installe dans un nouveau schéma estival.

Gros plan sur les loisirs et divertissements

La croissance s’est poursuivie dans le secteur associé des loisirs et divertissements, comme c’est le cas depuis quelques années, avec des gains d’environ 7 % depuis juin, ce qui porte le secteur à environ 14 % au-dessus de son niveau prépandémique. Le chômage a baissé d’environ 5700 personnes, les gains en matière d’emploi ayant dépassé ceux de la population active.

Gros plan sur les transports

Le mois de juillet a été marqué par une légère progression dans le secteur associé du transport, la population active ayant dépassé l’emploi, ce qui a fait grimper le taux de chômage à un niveau relativement élevé de 4,4 %. Ce taux était toutefois inférieur à celui de l’année précédente, et l’emploi a enregistré une progression nette par rapport à l’année précédente ; ce secteur ne semble donc pas présenter de déséquilibre, mais simplement évoluer en fonction des variations saisonnières.

Gros plan sur les services de voyage

Comme indiqué précédemment, les données relatives au secteur associé des services de voyage ne constituent pas toujours un indicateur entièrement fiable de la situation du secteur, en raison de sa petite taille par rapport à la méthodologie d’échantillonnage de l’EPA. Le tableau 9 présente des statistiques générales telles que publiées par Statistique Canada, mais celles-ci doivent être interprétées avec prudence. Les variations par rapport au mois de juin ont été minimes, mais le secteur est resté nettement en deçà de ses niveaux de 2019.

Perspectives provinciales

L’économie canadienne présente des disparités régionales marquées, ce qui est particulièrement vrai dans le secteur du tourisme. La figure 4 présente une comparaison des taux de chômage provinciaux, tant pour le secteur du tourisme en particulier que pour l’ensemble de la population active (c’est-à-dire toutes les branches d’activité confondues).

Dans chacune des provinces, les taux de chômage dans le secteur du tourisme étaient inférieurs à ceux de l’ensemble de l’économie, l’écart le plus important étant observé au Nouveau-Brunswick (3,4 points de pourcentage). Les taux de chômage dans le secteur du tourisme variaient de 5,8 % en Alberta à 2,8 % au Manitoba.

Synthèses provinciales pour juillet 2026

Les dix tableaux suivants présentent les résumés de juillet 2026 pour les provinces, en mettant l’accent sur le tourisme et ses cinq secteurs associés. Des données comparatives sont fournies pour l’ensemble de l’économie provinciale, à titre de critère de référence. Des données non désaisonnalisées sont fournies pour la population active, l’emploi et les heures travaillées, et la dernière ligne de chaque tableau indique la part du tourisme dans chacun de ces indicateurs. La part du travail à temps partiel (par opposition au temps plein) est également indiquée, en tant qu’indicateur approximatif de la composition de la main-d’œuvre, tout comme les taux de chômage.

Lorsque les données n’étaient pas disponibles en raison d’une suppression par Statistique Canada, la mention « N/A » a été inscrite dans le tableau. Les trois territoires ne sont pas inclus dans les publications de l’EPA à ce niveau de détail ; aucune comparaison n’est donc possible entre les territoires et les provinces. Les provinces sont classées par ordre alphabétique.

Voir notre Veille sur la main-d’main-d’œuvre en tourisme.


[1] Selon la définition du Compte satellite du tourisme canadien. Les secteurs d’activité du NAICS inclus dans le secteur du tourisme sont ceux qui cesseraient d’exister ou dont le niveau d’activité serait considérablement réduit en conséquence directe de l’absence de tourisme.

[2] SOURCE : Enquête sur la population active de Statistique Canada, tableaux personnalisés. D’après des données non désaisonnalisées recueillies pour la période du 12 au 18 juillet 2026.