Les secteurs s’équilibrent dans la montée en puissance d’avant l’été
En avril 2026, le secteur du tourisme[1] a légèrement augmenté par rapport au mois précédent[2], la population active (+20 000) et l’emploi (+12 000) ayant tous deux progressé de moins de 1 %.
Le mois d’avril marque généralement un décalage entre la population active et l’emploi, car de nombreux étudiants et étudiantes de l’enseignement supérieur sont disponibles pour des emplois d’été légèrement avant que les entreprises touristiques ne recrutent l’ensemble de leur personnel saisonnier. Historiquement, la hausse saisonnière de l’emploi commence à se refléter dans l’Enquête sur la population active (EPA) en mai ; le mois prochain constituera donc un indicateur plus fiable de la situation de la main-d’œuvre que les données d’avril. Toutefois, le fait que la population active et l’emploi soient tous deux en légère hausse par rapport à l’année dernière constitue un indicateur précoce prometteur.

Le tableau 1 présente un aperçu des performances de chaque secteur associé en termes de population active, d’emploi et de chômage, par rapport à mars 2026 [en variation mensuelle] et avril 2025 [en variation annuelle], et par rapport à avril 2019 comme référence prépandémique. Les petites flèches indiquent des variations inférieures à 1 % (ou d’un point de pourcentage, dans le cas du chômage).

A propos des secteurs associés, la bonne performance enregistrée en mars dans l’hébergement s’est inversée, avec des baisses de la variation mensuelle en avril pour les deux principaux indicateurs du marché du travail, ce qui a fait grimper le taux de chômage du secteur de plus d’un point de pourcentage. En revanche, les services de restauration ont affiché de solides gains au cours du dernier mois, contrairement aux baisses observées en mars.
Par rapport à l’année dernière, le secteur se trouvait globalement dans une meilleure position dans la plupart des secteurs associés, bien que les taux de chômage aient été plus élevés dans l’ensemble. Cela reflète probablement les pressions économiques plus générales auxquelles est confrontée l’économie canadienne dans son ensemble, plutôt qu’une situation propre au tourisme.
Secteur du tourisme
Environ 20 000 personnes ont rejoint la population active du secteur touristique depuis mars, portant le total à plus de 2,2 millions. L’emploi a également augmenté, mais seulement d’environ 0,6 %, ce qui a fait grimper le taux de chômage à 6,8 %. Le secteur se trouvait également dans une situation légèrement plus favorable qu’à la même période l’année dernière, bien que l’écart entre les gains en termes de population active et d’emploi ait été beaucoup plus important en comparaison d’une année sur l’autre. Par rapport à 2019, l’emploi est resté pratiquement inchangé, tandis que la population active a augmenté d’environ 1 %. Le tableau 2 présente un résumé des statistiques du travail au niveau sectoriel.

Le secteur du tourisme a suivi le rythme de l’économie canadienne dans son ensemble, enregistrant une croissance relative comparable tant au niveau de la population active que de l’emploi (tableau 3). Le taux de chômage à l’échelle de l’économie a atteint 7,1 % (calculé à partir de données non désaisonnalisées), soit un niveau légèrement supérieur à celui du secteur du tourisme.

L’emploi dans le secteur du tourisme représentait 9,9 % de l’emploi total au Canada, un chiffre inchangé par rapport à mars. Environ 9,2 % de la population active canadienne travaillait dans le secteur du tourisme, un chiffre également inchangé par rapport à mars.
Emploi à temps partiel et à temps plein
Le rapport entre l’emploi à temps partiel et l’emploi à temps plein offre une perspective utile sur la stabilité de la main-d’œuvre touristique. Le secteur touristique affiche généralement une part globale d’emploi à temps partiel d’environ 40 %, bien que ce rapport varie selon les industries (voir la figure 1). Statistique Canada définit l’emploi à temps partiel comme un emploi de moins de 30 heures par semaine.

Les variations du ratio de travail à temps partiel au niveau sectoriel et entre les secteurs associés n’ont pas été très différentes de ce qui avait été observé en mars : de légères baisses mensuelles dans tous les secteurs associés, tandis que les grandes tendances des dernières années (et par rapport aux niveaux de référence prépandémiques de 2019) se sont poursuivies dans la même veine. Le travail à temps partiel reste faible dans l’hébergement, tandis que les services de restauration et les transports affichent une tendance à la hausse.
Heures travaillées
Le nombre total d’heures travaillées dans le tourisme (figure 2) offre une autre perspective utile sur la main-d’œuvre touristique, les employeurs étant plus à même de s’adapter aux variations de la demande de la clientèle en ajustant les horaires prévus plutôt qu’en modifiant de manière plus permanente leurs effectifs. Le secteur a enregistré de légères hausses par rapport à mars (+2,0 %) et à avril de l’année dernière (+2,1 %), mais est resté légèrement en deçà du niveau d’avril 2019 (0,6 %).

Au niveau sectoriel (figure 3), le nombre total d’heures travaillées a augmenté par rapport à l’année dernière dans l’hébergement (+8,7 %) et de manière plus substantielle dans les loisirs et les divertissements (+11,4 %), mais a diminué dans les autres secteurs. Le nombre total d’heures travaillées a dépassé les niveaux de 2019 dans les loisirs et les divertissements ainsi que dans les transports, tout en restant en deçà de ce seuil de référence pour tous les autres secteurs.

Les jeunes dans le secteur du tourisme
Dans le contexte socio-économique actuel, le chômage des jeunes est devenu un thème dominant du débat public, les médias accordant une large couverture aux difficultés que rencontrent les jeunes pour s’imposer sur le marché du travail.
Le tourisme a toujours été un employeur majeur pour les jeunes (définis par Statistique Canada comme étant âgés de 15 à 24 ans), et ce pour plusieurs raisons :
- La grande disponibilité de postes d’entrée de gamme accessibles, dans tous les secteurs associés;
- La haute saison estivale coïncide avec les vacances scolaires, offrant ainsi un emploi saisonnier idéal;
- La possibilité pour de nombreuses entreprises d’organiser le travail par roulement tout au long de l’année, faisant des emplois dans le tourisme une source de revenus importante pour les étudiants (-es) de l’enseignement supérieur;
- La présence d’entreprises touristiques dans toutes les collectivités du Canada.
Compte tenu de l’accent mis sur les défis auxquels sont confrontés les jeunes, il est utile de replacer le tourisme dans le contexte économique global. Le tableau 4 présente une comparaison générale de la participation des jeunes au marché du travail dans le secteur du tourisme comparativement à celle de l’ensemble de l’économie (« Tous les secteurs ») pour le mois d’avril 2026.

Il est intéressant de noter qu’environ un quart de tous les jeunes présents sur le marché du travail travaillent dans le secteur du tourisme, mais que ce dernier ne représente que 16 % du chômage total des jeunes. Il est tout aussi important de noter que le taux de chômage des jeunes dans le secteur du tourisme (9,5 %) est bien inférieur à celui observé dans l’ensemble de l’économie (14,7 %) — et l’attente est que ce chiffre baisse à mesure que la demande de la clientèle reprendra au cours de l’été.
Un effet postpandémique pourrait être à l’œuvre, détournant les jeunes des emplois dans le tourisme : ceux dont les années de formation se sont déroulées en confinement sont réticents à occuper des postes en contact direct avec la clientèle, ce qui exacerbe les pressions sur le chômage dans d’autres secteurs.
Il convient d’encourager les jeunes à travailler dans le secteur du tourisme, non seulement parce qu’ils y garantiront plus facilement un emploi flexible répondant à leurs besoins, mais aussi parce que les compétences fondamentales en matière d’employabilité qu’ils acquièrent dans ce secteur — service à la clientèle, résolution de problèmes, collaboration, responsabilité, gestion du temps — leur serviront de base tout au long de leur carrière, quel que soit le secteur dans lequel ils s’orienteront à long terme.
Gros plan sur l’hébergement
Le secteur de l’hébergement a inversé la tendance à la hausse observée en mars, avec une perte nette d’environ 10 000 travailleurs en avril (tableau 5), portant le nombre de chômeurs à 14 700 (9,3 %). Il se trouvait toutefois dans une position plus solide qu’à la même période l’année dernière, avec des hausses d’environ 2 % tant au niveau de la population active que de l’emploi, ce qui correspond au nombre total d’heures travaillées mentionné ci-dessus (figure 3). Le secteur comptait environ 21 000 personnes de moins qu’en 2019.

Gros plan sur la restauration
Le secteur de la restauration a enregistré une forte progression depuis mars, avec plus de 30 000 personnes ayant trouvé un emploi (tableau 6). Le taux de chômage est tombé à 5,6 %, la croissance de l’emploi ayant dépassé celle des nouveaux membres de la population active. Ce secteur constituant une voie d’accès à l’emploi particulièrement attrayante et accessible pour les jeunes pendant l’été, il est probable que cette variation mensuelle se poursuive au cours des prochains mois. Dans l’ensemble, l’emploi est resté environ 3 % en dessous de ses niveaux prépandémiques de 2019.

Gros plan sur les loisirs et divertissements
En avril, la population active a augmenté dans le secteur associé des loisirs et divertissements tandis que l’emploi a reculé, faisant grimper le taux de chômage à 10,7 % (tableau 7). Il s’agit probablement d’un effet de saison intermédiaire, l’emploi baissant pendant la période de transition entre les loisirs d’hiver et d’été, au moment même où les étudiants (-es) commencent à entrer sur le marché du travail. Les niveaux d’emploi sont restés pratiquement inchangés par rapport à l’année dernière, et le secteur est resté à plus de 10 % au-dessus de son niveau de référence prépandémique.

Gros plan sur les transports
La population active et l’emploi ont tous deux reculé en avril dans le secteur associé du transport (tableau 8), mais le taux de chômage est resté faible. On observe toutefois des gains modérés par rapport à l’année dernière et une croissance nette d’environ 4 à 5 % par rapport à 2019.

Gros plan sur les services de voyage
Les données relatives au secteur associé des services de voyage ne sont pas toujours fiables dans l’Enquête sur la population active, en grande partie en raison de l’échantillonnage de l’EPA et de la proportion relativement faible de la main-d’œuvre canadienne que représente ce secteur. Le tableau 9 présente les dernières estimations, mais celles-ci doivent être interprétées avec prudence. Les tendances suggèrent un rare moment de relative stabilité pour ce secteur associé, aucune variation mensuelle n’ayant été signalée, tandis que le secteur est resté nettement en deçà des niveaux de 2025 et de 2019.

Perspectives provinciales
L’économie canadienne présente des différences régionales marquées, ce qui est particulièrement vrai dans le secteur du tourisme, où la demande saisonnière peut varier considérablement. La figure 4 présente une comparaison des taux de chômage provinciaux, tant pour le secteur du tourisme en particulier que pour l’ensemble de la population active (c’est-à-dire toutes les industries confondues).
En avril 2026, le taux de chômage national était légèrement plus bas dans le secteur du tourisme que dans l’ensemble de l’économie, une tendance qui s’est maintenue dans cinq provinces : la Nouvelle-Écosse, l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta.
Les taux de chômage provinciaux dans le secteur du tourisme étaient les plus bas au Manitoba (3,4 %) et en Alberta (5,8 %), et les plus élevés à Terre-Neuve-et-Labrador (12,5 %) et à l’Île-du-Prince-Édouard (18,5 %).

Synthèses provinciales pour avril 2026
Les dix tableaux suivants présentent les résumés d’avril 2026 pour les provinces, en mettant l’accent sur le tourisme et ses cinq secteurs associés. Des données comparatives sont fournies pour l’économie provinciale dans son ensemble à titre de critère de référence. Des données non désaisonnalisées sont fournies pour la population active, l’emploi et les heures travaillées, et la dernière ligne de chaque tableau indique la part du tourisme dans chacun de ces indicateurs. La part du travail à temps partiel (par opposition au temps plein) est également fournie, en tant qu’indicateur approximatif de la composition de la main-d’œuvre, ainsi que les taux de chômage.
Lorsque les données n’étaient pas disponibles en raison d’une suppression par Statistique Canada, la mention « N/A » a été inscrite dans le tableau. Les trois territoires ne sont pas inclus dans les publications de l’EPA à ce niveau de détail, de sorte qu’aucune comparaison n’est possible entre les territoires et les provinces. Les provinces sont classées par ordre alphabétique.










Voir notre Veille sur la main-d’main-d’œuvre en tourisme.
[1] Selon la définition du Compte satellite du tourisme canadien. Les secteurs associés au SCIAN inclus dans le secteur du tourisme sont ceux qui cesseraient d’exister ou fonctionneraient à un niveau d’activité considérablement réduit en conséquence directe de l’absence de tourisme.
[2] SOURCE : Enquête sur la population active de Statistique Canada, tableaux personnalisés. D’après des données non désaisonnalisées recueillies pour la période du 12 au 18 avril 2026.