Le secteur associé de l’hébergement progresse alors que l’ensemble du secteur recule.
En mars 2026, le secteur du tourisme[1] a enregistré une baisse tant de la population active que de l’emploi par rapport au mois précédent[2]. Ces deux indices étaient toutefois en hausse par rapport à l’année dernière, ainsi qu’à 2019, qui sert de référence prépandémique, ce qui indique que le secteur continue de croître.
L’économie nationale dans son ensemble n’a connu que très peu de variations sur une base de données non désaisonnalisées, avec de très légères hausses tant au niveau de la population active que de l’emploi. Le mois de mars est souvent un mois calme dans le cycle de la main-d’œuvre touristique, ce recul temporaire n’est donc pas inattendu.

Le tableau 1 présente un aperçu des performances de chaque secteur associé en termes de population active, d’emploi et de chômage, par rapport à février 2026 [en variation mensuelle], mars 2025 [en variation annuelle] et mars 2019, qui sert de référence prépandémique. Les petites flèches indiquent des variations inférieures à 1 % (ou d’un p.p., dans le cas du chômage).

Contrairement aux tendances récentes, le secteur associé de l’hébergement a été le seul à enregistrer une hausse par rapport à la variation mensuelle, tandis que tous les autres secteurs associés ont connu une baisse par rapport à février. Par rapport à l’année dernière, la croissance globale du secteur a été entièrement tirée par les solides performances des transports et des loisirs et divertissements, qui ont tous deux affiché des hausses assez régulières au cours des deux dernières années. La situation était sensiblement la même par rapport à 2019, l’hébergement et la restauration — ainsi que, dans une moindre mesure, les services de voyage — restant tous en deçà des niveaux prépandémiques.
Secteur du tourisme
Le secteur du tourisme a globalement perdu environ 37 500 travailleurs en mars, soit une baisse de près de 2 % par rapport à février. Toutefois, en glissement annuel, on observe une croissance d’environ 1 % tant au niveau de la population active que de l’emploi, ce qui suggère que le recul de mars s’inscrit dans le cadre du ralentissement saisonnier habituel du secteur. L’ensemble du secteur était environ 2 % plus important que lors de la période prépandémique. Le tableau 2 présente un résumé des statistiques de l’emploi au niveau sectoriel.

Dans l’ensemble des secteurs de l’économie, la population active et l’emploi ont très peu varié par rapport à février, bien que le nombre total de chômeurs ait augmenté de 2,7 % (voir tableau 3). Le taux de chômage à l’échelle de l’économie s’élevait à 7 %, soit un niveau légèrement supérieur à celui du secteur du tourisme (6,6 %), calculé à partir de données non désaisonnalisées.

L’emploi dans le secteur du tourisme représentait 9,9 % de l’emploi total au Canada, un chiffre pratiquement inchangé par rapport à février. Environ 9,2 % de la population active canadienne travaillait dans le secteur du tourisme.
Emploi à temps partiel et à temps plein
Le rapport entre l’emploi à temps partiel et l’emploi à temps plein peut offrir un éclairage intéressant sur la stabilité de la population active. Le secteur du tourisme compte généralement une proportion assez élevée de travailleurs à temps partiel (définis par Statistique Canada comme travaillant moins de 30 heures par semaine), bien que ce rapport varie selon les secteurs associés (voir la figure 1).

En mars, on a observé une légère baisse globale de l’emploi à temps partiel par rapport à février (barres orange), constante dans la plupart des secteurs associés, mais contredite par le secteur associé du transport, qui a connu une légère hausse. Le ratio d’emploi à temps partiel a légèrement augmenté d’une année sur l’autre au niveau sectoriel, la tendance la plus constante étant observée dans les transports. La baisse la plus constante a été observée dans l’hébergement, ce qui n’est pas surprenant compte tenu des difficultés de main-d’œuvre auxquelles ce secteur a été confronté récemment.
Heures travaillées
Le nombre total d’heures travaillées est un autre indicateur utile pour évaluer la stabilité de la population active, car les entreprises peuvent adapter plus rapidement les horaires de travail en fonction de la demande des clients qu’elles ne peuvent embaucher de nouveaux travailleurs ou réduire leurs effectifs. La figure 2 présente une perspective sectorielle des heures travaillées, tandis que la figure 3 présente une comparaison d’une année sur l’autre entre les secteurs associés.

Le nombre total d’heures travaillées dans le secteur du tourisme en mars était légèrement supérieur à celui de février (+0,7 %) et également légèrement supérieur à celui de l’année dernière (+1,0 %), bien qu’il soit resté inférieur aux niveaux de 2019 (-4,0 %). On observe toutefois une augmentation annuelle progressive et constante depuis 2023, ce qui est un signe positif indiquant que le secteur continue de croître, bien que lentement.

Au niveau sectoriel, le nombre total d’heures travaillées en mars dernier a dépassé le total de l’année dernière dans les loisirs et les divertissements (+14,9 %), l’hébergement (+2,7 %) et les transports (+2,3 %), tandis qu’il a baissé dans la restauration (-6,6 %) et les services de voyage (11,5 %). Ces tendances reflètent les variations observées au niveau de l’emploi, abordées dans les sections suivantes. Seuls les secteurs des loisirs et du divertissement ainsi que des transports ont dépassé le total des heures travaillées en mars 2019, bien qu’une croissance assez régulière ait été observée depuis le début de la pandémie dans la plupart des secteurs associés.
Gros plan sur l’hébergement
Le secteur associé de l’hébergement a été le seul à enregistrer une variation mensuelle positive par rapport à février (tableau 4), bien que les chiffres globaux concernant la population active et l’emploi aient affiché une légère baisse par rapport à l’année dernière et soient restés nettement inférieurs aux niveaux de 2019. Espérons que cette augmentation précoce pour 2026 marque le début d’une saison forte, alors que les entreprises cherchent à pourvoir leurs postes avant l’été.

Gros plan sur la restauration
La population active et l’emploi ont tous deux reculé d’environ 1 % par rapport à février (tableau 5), entraînant une légère hausse du taux de chômage à 6,1 %. Ce secteur associé est également resté en deçà des niveaux de mars 2025 et de mars 2019. Il peine depuis un certain temps à regagner le terrain perdu pendant la pandémie ; compte tenu de la proportion de jeunes qui trouvent un emploi dans les services de restauration, cela pourrait indiquer une variation dans la mesure où les jeunes sont intéressés par le travail à temps partiel (ou y sont contraints financièrement) pendant leurs études. La question reste toutefois ouverte, et nous continuerons à la suivre de près.

Gros plan sur les loisirs et divertissements
À contre-courant des tendances générales de forte croissance observées au cours des deux dernières années, les loisirs et les divertissements ont enregistré une baisse d’environ 2,5 % tant au niveau de la population active que de l’emploi en mars (tableau 6), ainsi qu’une hausse du taux de chômage à 8,9 %. Toutefois, le secteur est resté dans une position plus solide par rapport à mars dernier et a continué à surpasser les niveaux prépandémiques.
Nous avons observé une certaine volatilité d’un mois à l’autre dans ces secteurs associés au cours de l’année écoulée, ce qui suggère qu’il est confronté à une certaine incertitude. Cela peut être lié au climat (car de nombreuses activités de loisirs dépendent des conditions météorologiques) ou aux pressions financières qui limitent les dépenses de loisirs.

Gros plan sur les transports
Le secteur des transports a affiché des performances assez solides au cours des deux dernières années, mais a connu une contraction tant au niveau de la population active que de l’emploi à partir de février (tableau 7). Cette baisse était comparable à celle observée dans le secteur des loisirs et divertissements (environ 2 %), ce qui est intéressant à noter car ces deux secteurs associés ont suivi des trajectoires globalement parallèles au cours des dernières années. Le secteur des transports a progressé par rapport à l’année dernière et à 2019, tant au niveau de la population active que de l’emploi.

Gros plan sur les services de voyage
Les données relatives au secteur associé des services de voyage doivent être considérées avec prudence, car sa part dans l’économie canadienne totale est si faible qu’il est sous-représenté dans une enquête dont l’échantillon est celui de l’Enquête sur la population active. Cela le rend sujet à des fluctuations disproportionnées d’un mois à l’autre, ainsi qu’à des problèmes de suppression de données. Les informations du tableau 8 doivent donc être considérées comme une indication générale de l’état du secteur, mais non comme un instantané précis d’un moment donné. En mars 2026, la population active et l’emploi restaient nettement inférieurs aux niveaux prépandémiques.

Perspectives provinciales
L’économie canadienne présente des différences régionales marquées, ce qui est particulièrement vrai dans le secteur du tourisme. La figure 4 présente une comparaison des taux de chômage provinciaux, tant pour le secteur du tourisme que pour l’ensemble de la population active (c’est-à-dire tous les secteurs associés).
En mars 2026, le taux de chômage national dans le secteur du tourisme était inférieur à celui de l’économie dans son ensemble, une tendance qui s’est vérifiée dans cinq provinces : l’Alberta, le Manitoba, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Dans les autres provinces, les taux de chômage dans le secteur du tourisme étaient supérieurs à ceux de l’économie globale respective.
Les taux de chômage dans le secteur du tourisme étaient les plus élevés à Terre-Neuve-et-Labrador (15,2 %) et à l’Île-du-Prince-Édouard (11,7 %), et les plus bas au Manitoba (4,6 %) et en Alberta (4,7 %).

Synthèses provinciales pour mars 2026
Les dix tableaux suivants présentent les résumés de mars 2026 pour les provinces, en mettant l’accent sur le tourisme et ses cinq secteurs associés. Des données comparatives sont fournies pour l’économie provinciale dans son ensemble, à titre de critère de référence. Des données non désaisonnalisées sont fournies pour la population active, l’emploi et les heures travaillées, et la dernière ligne de chaque tableau indique la part du tourisme dans chacun de ces indicateurs. La part du travail à temps partiel (par opposition au temps plein) est également fournie, à titre d’indicateur approximatif de la composition de la main-d’œuvre, ainsi que les taux de chômage.
Lorsque les données n’étaient pas disponibles en raison d’une suppression par Statistique Canada, la mention « N/A » a été inscrite dans le tableau. Les trois territoires ne sont pas inclus dans les publications de l’EPA à ce niveau de détail, de sorte qu’aucune comparaison n’est possible entre les territoires et les provinces. Les provinces sont classées par ordre alphabétique.










Voir notre Veille sur la main-d’main-d’œuvre en tourisme.
[1] Selon la définition du Compte satellite du tourisme canadien. Les secteurs associés au SCIAN inclus dans le secteur du tourisme sont ceux qui cesseraient d’exister ou fonctionneraient à un niveau d’activité considérablement réduit en conséquence directe de l’absence de tourisme.
[2] SOURCE : Enquête sur la population active de Statistique Canada, tableaux personnalisés. D’après des données non désaisonnalisées recueillies pour la période du 15 au 21 mars 2026.