Aperçu de l’Enquête sur la population active : février 2026

Le secteur de l’hébergement enregistre des pertes malgré la croissance du secteur.

En février 2026, le secteur du tourisme[1] a enregistré une légère hausse par rapport au mois précédent[2], la croissance de la population active dépassant celle de l’emploi, ce qui a entraîné une légère augmentation du taux de chômage. À l’échelle de l’économie nationale dans son ensemble, la population active a légèrement augmenté et l’emploi a légèrement diminué, de sorte que le tourisme a affiché de meilleurs résultats que l’économie globale en termes relatifs.

Le tableau 1 présente un aperçu des performances de chaque secteur associé en termes de population active, d’emploi et de chômage, par rapport à janvier 2026 [variation mensuelle], février 2025 [variation annuelle] et février 2019, qui sert de référence prépandémique. Les petites flèches indiquent des variations inférieures à 1 % (ou d’un point de pourcentage, dans le cas du chômage). 

Les variations mensuelles ont été globalement positives dans les secteurs associés, même si l’hébergement a enregistré des baisses par rapport à janvier — mais des hausses par rapport à l’année dernière — tandis que la restauration a progressé au cours du mois dernier mais a perdu du terrain par rapport à février 2025.

Le secteur dans son ensemble a connu une croissance par rapport aux niveaux de 2019, croissance qui a toutefois été entièrement alimentée par les loisirs et les transports, suivant une tendance générale observée depuis environ un an. Les services de voyage ont enregistré des pertes substantielles, mais comme c’est toujours le cas, ce secteur associé n’est pas bien représenté par la méthodologie d’échantillonnage de l’Enquête sur la population active ; ces observations doivent donc être considérées avec une certaine prudence.

Secteur du tourisme

La population active touristique a enregistré environ 23 000 nouveaux arrivants en février, bien que cela ne se soit traduit que par 6 000 nouveaux emplois, ce qui signifie que le chômage a augmenté de 17 000 personnes dans le même temps, portant le taux de chômage du secteur à 6,6 %. L’emploi et la population active ont tous deux augmenté par rapport à l’année dernière et étaient également nettement supérieurs à ceux de 2019. Le tableau 2 présente un résumé des statistiques de l’emploi au niveau sectoriel.

Dans l’ensemble des secteurs de l’économie canadienne, la population active a augmenté moins que celle du secteur du tourisme (en termes absolus et relatifs), tandis que l’emploi a reculé de 0,1 % (voir le tableau 3). Le taux de chômage à l’échelle de l’économie s’est établi à 6,9 %, restant légèrement supérieur à celui observé dans le secteur du tourisme.

L’emploi dans le secteur du tourisme représentait 10,0 % de l’emploi total au Canada, 9,4 % de la population active canadienne totale travaillant dans ce secteur.

Emploi à temps partiel et à temps plein

Le rapport entre le travail à temps partiel[3] et le travail à temps plein peut fournir une analyse utile sur la stabilité de la main-d’œuvre. Le secteur du tourisme compte généralement une part assez élevée de travailleurs à temps partiel, avec des variations saisonnières. Nous avons constaté des perturbations importantes de ce schéma au cours de la pandémie et des vagues de réouverture qui ont suivi, et alors que le secteur continue de s’adapter aux pressions géopolitiques changeantes qui affectent les dépenses discrétionnaires et les projets de voyages internationaux, cet indicateur pourrait servir de système d’alerte précoce pour d’autres variations à venir.

La figure 1 montre la part de l’emploi dans le tourisme occupée par des travailleurs à temps partiel, en référence à cette année, au mois dernier, aux deux années précédentes et à 2019 comme référence prépandémique. En février dernier, on a observé un pic du travail à temps partiel, principalement dans les services de restauration (qui constituent le plus grand groupe d’employeurs du secteur), bien que la plupart des secteurs associés aient connu une évolution similaire. Les loisirs et les divertissements ont connu une très légère baisse, mais ces dernières années, ce secteur a affiché des taux de travail à temps partiel systématiquement plus élevés que pendant la période prépandémique.

Heures travaillées

Le nombre d’heures travaillées constitue un autre indicateur utile de la stabilité de l’emploi. Dans les entreprises touristiques qui dépendent largement des travailleurs à temps partiel, l’un des moyens les plus rapides de s’adapter à la variation de la demande des clients consiste à attribuer à l’effectif actuel davantage ou moins de quarts de travail par semaine, ou des quarts plus longs ou plus courts. Cela se reflète dans le total des heures travaillées, présenté dans la figure 2 au niveau sectoriel et dans la figure 3 au niveau des secteurs associés.

Le nombre total d’heures travaillées dans le secteur du tourisme a légèrement diminué par rapport à janvier (-2,2 %), tandis que l’emploi a très légèrement augmenté, ce qui indique une réduction globale par travailleur (même si celle-ci n’est probablement pas répartie de manière uniforme sur l’ensemble de la main-d’œuvre). Le total de février était également inférieur à celui de l’année dernière, et également inférieur à celui de 2019 (-4,7 %).

Au niveau des secteurs associés (figure 3), si l’on considère uniquement les variations d’une année sur l’autre, les secteurs associés ont affiché des trajectoires de reprise différentes. Le secteur de l’hébergement a progressivement bâti ses heures de travail pour se rapprocher des niveaux de 2019, mais cette croissance a considérablement ralenti au cours des deux dernières années. Le secteur de la restauration a également retrouvé progressivement son niveau prépandémique, mais il est probable que les niveaux élevés observés en 2025 aient été stimulés par l’exonération temporaire de la TPS mise en place par le gouvernement fédéral, qui a accru la fréquentation des restaurants. Les heures travaillées dans les loisirs et les divertissements sont restées assez stables depuis la baisse de 2021. Il convient toutefois de noter que cette relative stabilité s’inscrit dans un contexte d’augmentation générale du nombre d’employés, ce qui suggère que les travailleurs effectuent en moyenne moins d’heures, conformément à la tendance à la hausse du travail à temps partiel mentionnée précédemment. Le secteur des transports, qui a également connu une croissance de l’emploi assez constante au cours des dernières années, a de même enregistré une augmentation assez constante des heures travaillées. Les données relatives aux services de voyage ne sont pas toujours tout à fait fiables, mais la stabilité des heures travaillées depuis 2020 reflète les difficultés de ce secteur associé des services de voyage à regagner le terrain perdu.

Gros plan sur l’hébergement

Poursuivant la tendance observée en janvier, le secteur de l’hébergement a enregistré une baisse tant au niveau de la population active que de l’emploi (tableau 4), avec environ 12 000 personnes ayant quitté leur emploi dans ce secteur en février. Le taux de chômage a grimpé à 10,7 %, un chiffre non seulement supérieur à celui du mois dernier, mais aussi à celui de l’année dernière et de 2019. Par rapport à l’année dernière, tant l’emploi que la population active ont augmenté, mais le secteur est resté nettement en deçà de son niveau d’avant la pandémie.

Gros plan sur la restauration

La restauration a enregistré une légère progression par rapport à janvier (tableau 5), avec environ 20 000 personnes entrant dans la population active et 12 000 trouvant un emploi. Cependant, le secteur est resté en baisse par rapport à l’année dernière et à 2019, pour les deux indices.

Gros plan sur les loisirs et divertissements

Le secteur des loisirs et des divertissements a poursuivi sa tendance générale à la hausse en février (tableau 6), tant au niveau de la population active que de l’emploi, portant le nombre de personnes employées à 575 000 dans tout le pays. Les deux indices étaient supérieurs à ceux de l’année dernière (d’environ 3 %) et nettement supérieurs à ceux de 2019 (d’environ 15 %). Ce secteur a constamment mené la reprise postpandémique en termes d’emploi, mais comme indiqué ci-dessus (figure 3), les heures travaillées n’ont pas augmenté de la même manière et on observe une tendance vers davantage de travail à temps partiel.

Gros plan sur les transports

Le secteur des transports a continué de croître en février (tableau 7), bien qu’à un rythme moins soutenu que par le passé, voire dans une moindre mesure que les loisirs et les divertissements. L’emploi a dépassé les 400 000 postes à l’échelle du Canada, le taux de chômage restant faible à 3 %. Le marché du travail dans ce secteur était environ 10 % plus important qu’en février 2025 et environ 11 % plus important qu’en 2019.

Gros plan sur les services de voyage

Comme indiqué précédemment, les données de l’EPA relatives aux services de voyage sont souvent peu fiables et sujettes à des fluctuations disproportionnées d’un mois à l’autre. Cela s’explique en partie par la méthodologie d’échantillonnage de l’EPA elle-même, mais aussi par la taille relativement modeste de ce secteur associé des services de voyage au sein du tourisme, et plus largement de l’économie. Ces fluctuations importantes suggèrent soit une volatilité extrême au sein des secteurs associés, soit des erreurs d’échantillonnage ; dans le cas présent, il s’agit très certainement d’un problème d’échantillonnage. Les données telles qu’elles sont rapportées sont présentées dans le tableau 8, mais doivent être utilisées avec prudence pour estimer ce segment de la main-d’œuvre.

Perspectives provinciales

L’économie canadienne présente des différences régionales marquées, ce qui est particulièrement vrai dans le secteur du tourisme. La figure 4 présente une comparaison des taux de chômage provinciaux, tant pour le secteur du tourisme en particulier que pour l’ensemble de la population active (c’est-à-dire tous les secteurs associés).

Le tourisme étant en pleine saison creuse, il n’est pas surprenant de constater que, dans la plupart des provinces, les taux de chômage dans le secteur touristique étaient supérieurs aux moyennes provinciales pour l’ensemble de l’économie. Les exceptions étaient l’Alberta, la Saskatchewan et l’Ontario. Il n’est pas certain que cela soit lié à la vigueur du secteur touristique ou à des défis plus importants au sein des économies concernées.

Les taux de chômage dans le secteur du tourisme étaient les plus élevés dans les provinces de l’Atlantique, l’Île-du-Prince-Édouard (16,5 %) et Terre-Neuve-et-Labrador (15,7 %) affichant des taux nettement supérieurs à ceux des autres régions. Les taux de chômage dans le secteur du tourisme étaient les plus bas en Saskatchewan (4,4 %) et en Ontario (5,0 %).

Synthèses provinciales pour février 2026

Les dix tableaux suivants présentent les résumés de février 2026 pour les provinces, en mettant l’accent sur le tourisme et ses cinq secteurs associés. Des données comparatives sont fournies pour l’économie provinciale dans son ensemble, à titre de critère de référence. Des données non désaisonnalisées sont fournies pour la population active, l’emploi et les heures travaillées, et la dernière ligne de chaque tableau indique la part du tourisme dans chacun de ces indicateurs. La part du travail à temps partiel (par opposition au temps plein) est également fournie, en tant qu’indicateur approximatif de la composition de la main-d’œuvre, ainsi que les taux de chômage.

Lorsque les données n’étaient pas disponibles en raison d’une suppression par Statistique Canada, la mention « N/A » a été inscrite dans le tableau. Les trois territoires ne sont pas inclus dans les publications de l’EPA à ce niveau de détail, de sorte qu’aucune comparaison n’est possible entre les territoires et les provinces. Les provinces sont classées par ordre alphabétique.

Voir notre Veille sur la main-d’main-d’œuvre en tourisme.


[1] Tel que défini par le Compte satellite du tourisme canadien. Les industries du SCIAN incluses dans le secteur du tourisme sont celles qui cesseraient d’exister ou qui fonctionneraient à un niveau d’activité considérablement réduit en conséquence directe de l’absence de tourisme.

[2] SOURCE : Enquête sur la population active de Statistique Canada, tableaux personnalisés. Basé sur des données non désaisonnalisées recueillies pour la période du 15 au 21 février 2026.

[3] Statistique Canada définit le travail à temps plein comme 30 heures par semaine, et le travail à temps partiel comme moins de 30 heures par semaine.