Enquête sur la population active : aperçu de juillet 2025

L’emploi dans le secteur du tourisme reste solide

Le secteur du tourisme[1] en juillet 2025 a augmenté d’environ 3 % par rapport au mois précédent[2] , et était généralement en meilleure position que l’année dernière. Compte tenu des forts vents contraires auxquels l’économie est confrontée et de la diminution du nombre de visiteurs en provenance des États-Unis, l’intérêt national pour les voyages semble suffire à soutenir la demande, du moins pour l’instant.

Au niveau des secteurs associés, seuls les transports ont connu une légère baisse de l’emploi, tous les autres secteurs affichant une croissance raisonnable de la main-d’œuvre et de l’emploi. Le secteur était également en bien meilleure position que l’année dernière, bien qu’il y ait une plus grande variabilité entre les industries lorsque l’on compare juillet 2025 à juillet 2019.

Le tableau 1 donne un aperçu des performances de chaque secteur associé en matière de main-d’œuvre, d’emploi et de chômage, par rapport à juin 2025 [variation mensuelle], juillet 2024 [variation annuelle] et juillet 2019 comme base de référence avant la pandémie. Les petites flèches représentent des changements inférieurs à 1 % (ou à un point de pourcentage dans le cas du chômage).

Le mois de juillet est généralement un mois fort pour la main-d’œuvre touristique, la demande augmentant avec les vacances des familles et les étudiants du secondaire entrant sur le marché du travail pour occuper des emplois d’été, dont un grand nombre dans le tourisme. La croissance d’une année sur l’autre a été relativement constante, seuls les services de restauration ayant enregistré une perte de main-d’œuvre – bien qu’ils aient également connu une légère hausse de l’emploi, ce qui a fait baisser le taux de chômage. Comme au cours des derniers mois, la croissance par rapport à 2019 a été entièrement due à des gains dans les secteurs des loisirs et des divertissements ainsi que dans les transports.

Secteur du tourisme

En juillet, le secteur du tourisme au Canada a enregistré l’entrée de 80 000 personnes sur le marché du travail, soit une hausse de 3,7% par rapport à juin et de 2,8 % par rapport à l’année dernière (voir le tableau 2), portant le nombre d’emplois à un peu plus de 2,2 millions. La population active du secteur du tourisme a atteint 2,3 millions de personnes, avec environ 100 000 chômeurs.

La progression de l’emploi a été supérieure à celle de la population active, ce qui a permis d’abaisser le taux de chômage à 4,8 % (données non désaisonnalisées). Ce taux est inférieur d’environ 2,4 points de pourcentage à la moyenne nationale pour l’ensemble de l’économie (7,2 %, calculée à partir de données non désaisonnalisées).

Alors que l’emploi et la main-d’œuvre touristiques ont progressé, ceux de l’ensemble de l’économie ont légèrement baissé et le nombre de chômeurs a augmenté de 160 000 personnes (tableau 3). L’emploi touristique représentait 10,7 % de l’emploi total au Canada en juillet, et 10 % de la population active canadienne était employée dans une industrie touristique. Ces deux proportions étaient légèrement plus élevées qu’en juin.

Emploi à temps partiel et à temps plein

Le rapport entre le travail à temps partiel et le travail à temps plein offre une perspective intéressante sur la stabilité à long terme de la main-d’œuvre touristique[3] . De juin à juillet de cette année, le secteur a globalement connu une légère baisse de l’emploi à temps partiel (figure 1), ce qui n’est pas surprenant puisque les entreprises ont augmenté leurs activités et que les étudiants du secondaire qui travaillaient à temps partiel pendant l’année scolaire ont pu prendre des heures supplémentaires.

Le changement le plus important s’est produit dans le secteur associé des loisirs et du divertissement, qui a enregistré une baisse de plus de 5 points de pourcentage de l’emploi à temps partiel par rapport au mois de juin. Au cours des dernières années, on a assisté à un glissement progressif vers le travail à temps partiel, une tendance particulièrement évidente dans la restauration et les loisirs et divertissements, mais contrebalancée par un glissement progressif vers le travail à temps plein dans le secteur associé de l’hébergement. Le secteur des transports est resté relativement stable.

Heures travaillées

Le nombre d’heures travaillées est un autre indicateur utile pour évaluer la stabilité à court terme de la main-d’œuvre, car les exploitants peuvent ajuster le nombre d’heures travaillées plus rapidement qu’ils ne peuvent embaucher ou licencier des employés pour répondre aux fluctuations de la demande de la clientèle.

En juillet, le nombre total d’heures travaillées dans le secteur du tourisme a augmenté d’environ 5 % par rapport à juin (voir la figure 2) et était supérieur d’environ 2 % à celui de l’année précédente. Si elles sont restées légèrement inférieures aux niveaux de 2019, la tendance générale à la croissance s’est toutefois poursuivie d’une année sur l’autre.

La figure 2 donne un aperçu des heures travaillées dans le tourisme au cours des trois dernières années. La ligne en pointillé représente le niveau de référence de 2019 avant la pandémie.

En juillet 2025, le nombre d’heures travaillées dans l’hébergement a augmenté de près de 10 % par rapport à 2024 (figure 3), même s’il semble que cela soit dû en grande partie au fait que 2024 a été une année particulièrement faible. Les heures travaillées ont généralement suivi une tendance à la hausse depuis le creux pandémique de 2020, bien que cette tendance se soit ralentie et peut-être même inversée pour l’hébergement. La restauration et les loisirs et divertissements ont tous deux connu une très légère baisse par rapport à l’année dernière, tandis que les transports ont enregistré une légère hausse. Les loisirs et divertissements et les transports ont à eux seuls dépassé les niveaux de juillet 2019.

Gros plan sur le secteur associé de l’hébergement

Le secteur associé de l’hébergement a connu une croissance substantielle de la main-d’œuvre et de l’emploi par rapport au mois dernier, avec près de 20 000 personnes travaillant dans ce secteur. Bien qu’il soit resté en dessous des niveaux de 2019 pour les deux indices, il a dépassé les niveaux de l’année dernière assez confortablement. Le taux de chômage s’est établi à 4,3 %, soit une baisse substantielle par rapport à juin et un niveau comparable à celui de l’année dernière.

Gros plan sur le secteur associé de la restauration

Le secteur associé de la restauration a récemment ralenti sa croissance post-pandémique. S’il a progressé depuis juin avec environ 15 000 nouveaux emplois, il a perdu près de 17 000 personnes de sa main-d’œuvre depuis l’année dernière et reste légèrement en deçà des niveaux de 2019. Le taux de chômage a peu changé par rapport à juin, mais il a baissé de près de 2 points de pourcentage par rapport à l’année dernière, ce qui suggère un resserrement du marché du travail.

Gros plan sur le secteur associé des loisirs et divertissements

Le secteur associé des loisirs et du divertissement a poursuivi sa trajectoire de croissance des dernières années, enregistrant des hausses de la main-d’œuvre et de l’emploi par rapport à juin, à l’année dernière et à 2019. La croissance de l’emploi a dépassé celle de la population active, ce qui a fait baisser le taux de chômage de 2,7 points de pourcentage, à 5,2 %.

Gros plan sur un secteur associé du le transport

L’emploi a légèrement diminué par rapport à juin, tandis que la population active a augmenté, ajoutant 3,4 points de pourcentage au taux de chômage. Toutefois, par rapport à l’année dernière et à 2019, le secteur des transports reste en meilleure position. Les gains dans l’emploi lié à l’aviation ont été compensés par des pertes dans le transport terrestre et maritime.

Gros plan sur le secteur associé des services de voyage

En raison de sa petite taille au sein du secteur du tourisme et de la méthodologie d’échantillonnage de l’enquête sur les forces de travail, les données relatives aux services de voyage tendent à ne pas être très fiables. Les données fournies ci-dessous sont indicatives des développements récents, mais ne doivent pas être considérées comme un instantané précis d’un moment donné.

Perspectives provinciales

L’économie canadienne est sujette à des différences régionales prononcées, et cela est particulièrement vrai dans le secteur du tourisme. La figure 4 présente une comparaison des taux de chômage provinciaux, pour le secteur du tourisme et pour l’ensemble de la population active (c.-à-d. toutes industries confondues).

Dans toutes les provinces, les taux de chômage dans le secteur du tourisme sont inférieurs à ceux de l’ensemble de l’économie. Il s’agit d’un changement important dans les provinces de l’Atlantique qui, en dehors des périodes de pointe, ont tendance à afficher des taux de chômage touristique nettement plus élevés. Les taux de chômage touristique les plus élevés ont été enregistrés à Terre-Neuve-et-Labrador (5,3 %) et en Ontario (5,2 %), et les plus faibles en Saskatchewan (2,6 %) et à l’Île-du-Prince-Édouard (3,2 %).

Résumé provincial pour juillet 2025

Les dix tableaux suivants présentent les données de juillet 2025 pour les provinces, en mettant l’accent sur le tourisme et ses cinq secteurs associés. Des données comparatives sont fournies pour l’ensemble de l’économie provinciale, à titre de référence. Des estimations non désaisonnalisées sont fournies pour la main-d’œuvre, l’emploi et les heures travaillées, et la dernière ligne de chaque tableau indique la part du tourisme dans chacune de ces mesures. La part du travail à temps partiel (par opposition au travail à temps plein) est fournie, à titre d’indicateur approximatif de la composition de la main-d’œuvre, et les taux de chômage sont également indiqués.

Lorsque les données n’étaient pas disponibles en raison de la suppression des données de Statistique Canada, la mention « N/A » a été inscrite dans le tableau. Les trois territoires ne sont pas inclus dans les publications de l’EPA à ce niveau de granularité, de sorte qu’aucune comparaison n’est possible entre les territoires et les provinces. Les provinces sont classées par ordre alphabétique.

Voir notre Veille sur la main-d’main-d’œuvre en tourisme.


[1] Tel que défini par le Compte satellite du tourisme canadien. Les industries du SCIAN incluses dans le secteur du tourisme sont celles qui cesseraient d’exister ou fonctionneraient à un niveau d’activité considérablement réduit en conséquence directe de l’absence de tourisme.

[2] SOURCE : Enquête sur la population active de Statistique Canada, tableaux personnalisés. Basé sur des données non désaisonnalisées recueillies pour la période du 13 au 19 juillet 2025.

[3] Le seuil de travail à temps plein de Statistique Canada est de 30 heures par semaine.