Le secteur du tourisme maintient le cap pendant l’accalmie automnale.
Le mois de novembre est souvent une période creuse pour le tourisme, le temps devenant plus froid, mais pas assez froid ni assez enneigé pour favoriser les activités hivernales. L’économie canadienne s’adapte encore aux nouvelles réalités politiques et économiques, et certains ménages pourraient réduire leurs dépenses discrétionnaires à l’approche des fêtes de fin d’année. Malgré ces vents contraires, le secteur du tourisme[1] a connu une stabilité générale en novembre 2025 par rapport au mois précédent[2], de légères hausses de l’emploi ayant compensé de légères baisses de la main-d’œuvre.

Au niveau des secteurs associés, les performances ont été variées, la croissance dans les loisirs et divertissements contrebalançant les pertes dans l’hébergement, les transports et, dans une moindre mesure, la restauration.
Le tableau 1 donne un aperçu des performances de chaque secteur associé à travers la main-d’œuvre, l’emploi et le chômage, par rapport à octobre 2025 [variation mensuelle], novembre 2024 [variation annuelle] et novembre 2019 comme base de référence prépandémique. Les petites flèches représentent des variations inférieures à 1 % (ou à un point de pourcentage, dans le cas du chômage).

Dans l’ensemble, le secteur était en bien meilleure position que l’année dernière, presque tous les secteurs associés affichant une croissance substantielle de la main-d’œuvre et de l’emploi. Les services de voyage ont déclaré des pertes, mais les données de ce secteur associé ne sont pas toujours entièrement fiables. Par rapport à 2019, la croissance pour l’ensemble du secteur touristique était le résultat d’une forte performance dans les loisirs et divertissements et dans les transports, conformément aux tendances observées au cours de l’année écoulée.
Secteur du tourisme
En novembre, l’emploi dans le secteur du tourisme s’est maintenu autour de 2,1 millions de personnes (+2 000, +0,1 %), dans le cadre de la main-d’œuvre touristique à 2,2 millions de personnes (-3 300, -0,2 %). Le chômage a diminué d’environ 5 300 personnes, ramenant le taux de chômage à 4,9 % (-0,2 point de pourcentage par rapport à octobre). L’emploi a progressé d’environ 118 000 personnes par rapport à l’année dernière (+5,8 % en glissement annuel) et d’environ 88 000 personnes par rapport à 2019 (+4,3 %). Le tableau 2 présente un résumé des statistiques de l’emploi au niveau sectoriel.

Dans tous les secteurs de l’économie canadienne, le taux de chômage était de 6,2 % (voir tableau 3), soit en légère baisse par rapport au taux de 6,6 % observé le mois dernier (calculé à l’aide de données non désaisonnalisées). La main-d’œuvre et l’emploi sont restés pratiquement inchangés par rapport à octobre.

En novembre, le tourisme représentait 10,1 % de l’ensemble de l’emploi au Canada, soit une légère hausse par rapport à octobre (+0,1 point de pourcentage). Environ 9,5 % de l’ensemble de la main-d’œuvre canadienne travaillait dans le secteur du tourisme.
Emploi à temps partiel et à temps plein
Le travail à temps partiel[3] a augmenté en proportion de l’ensemble de l’emploi touristique en novembre, mais seulement d’environ 1,5 point de pourcentage, demeurant généralement stable autour de la barre des 40 % dans l’ensemble du secteur. Cette légère augmentation est plus ou moins conforme aux observations faites dans l’ensemble de l’économie, où les gains d’emploi ont principalement concerné le travail à temps partiel. À moins que cette légère hausse ne marque le début d’une tendance plus large, il ne s’agit pas nécessairement d’un signal d’alarme, car le secteur du tourisme a toujours été caractérisé par des taux élevés et fluctuants d’emploi à temps partiel. Cet indice offre une perspective intéressante sur la stabilité du secteur, car les entreprises peuvent plus facilement répondre aux variations de la demande des consommateurs en modulant les heures travaillées parmi leur personnel existant qu’en embauchant de nouveaux employés ou en licenciant du personnel.

L’hébergement a continué d’accroître sa main-d’œuvre à temps plein, la part du travail à temps partiel de novembre 2025 ayant chuté de plus de 6 points de pourcentage depuis 2019, et de 2 points de pourcentage depuis octobre. Cela signale que la demande est élevée dans ce secteur associé, et que les entreprises se contentent d’une liste d’employés de plus en plus réduite.
Les services de restauration et les loisirs et divertissements ont tous deux enregistré une hausse du travail à temps partiel par rapport à octobre, ce qui n’est pas surprenant compte tenu de l’accalmie dans l’ensemble du secteur à cette période de l’année. Le secteur des transports a connu peu de variations par rapport à octobre, et n’est pas très éloigné de son niveau de 2019.
Les secteurs associés des services de voyage ont enregistré une baisse par rapport à octobre, mais les données d’un mois sur l’autre pour ce secteur associé ne sont pas toujours fiables. Ce qui est plus intéressant, c’est le saut substantiel entre les niveaux prépandémiques d’emploi à temps partiel et la situation actuelle : en 2019, moins de 10 % de la main-d’œuvre des services de voyage était à temps partiel, ce qui est passé à près d’un quart en 2025. Des recherches plus ciblées sont nécessaires pour analyser pleinement les causes et les implications de ce changement, mais il est probable qu’il soit dû en grande partie à la facilité accrue des arrangements de voyage en ligne autogérés, et potentiellement au rôle de l’IA dans la conception d’itinéraires de voyage sur mesure.
Heures travaillées
Une autre mesure utile pour évaluer la stabilité de l’emploi touristique est l’estimation du nombre total d’heures travaillées, qui nous permet de trianguler le nombre d’emplois et la part du travail à temps partiel. Comme le montre la figure 2, le nombre d’heures travaillées dans le secteur du tourisme a légèrement augmenté par rapport à octobre (+1,3 %), et de façon plus substantielle par rapport à l’année dernière (+5,0 %). Le nombre total d’heures travaillées a dépassé les niveaux de 2019 pour la première fois en septembre, et est resté valorisé (+3,2 %) en novembre.

Au niveau des secteurs associés (voir la figure 3), les heures travaillées dans l’hébergement ont augmenté de manière significative par rapport à l’année dernière et ont même dépassé les niveaux de 2019. Dans la restauration, le nombre d’heures travaillées a baissé par rapport à l’année dernière, bien que la tendance générale soit à la reprise depuis la pandémie, comme c’est le cas depuis cinq ans. Les loisirs et divertissements et les transports ont tous deux enregistré des gains d’une année sur l’autre, et les services de voyage ont connu une baisse modérée, mais il se peut que cela ne soit pas entièrement représentatif du secteur associé.

Gros plan sur le secteur associé de l’hébergement
Le secteur associé de l’hébergement s’est contracté d’environ 4 % par rapport à octobre, ce qui a ramené la main-d’œuvre à 183 000 personnes et l’emploi à 169 400 (tableau 4). Le taux de chômage s’est établi à 7,5 % en novembre, soit une augmentation marginale par rapport au taux d’octobre. La main-d’œuvre et l’emploi ont augmenté d’environ 14 % par rapport à l’année dernière, mais le secteur associé est resté légèrement en deçà des niveaux de 2019.

Gros plan sur le secteur associé de la restauration
Le taux de chômage dans ce secteur est tombé à 4,5 % en novembre, grâce à 5 700 personnes supplémentaires ayant trouvé un emploi, tandis que 1 200 personnes ont quitté la main-d’œuvre (voir le tableau 5). L’emploi s’élevait à 969 200 personnes dans l’ensemble du pays, soit une hausse d’environ 17 000 travailleurs par rapport à l’année précédente. Le secteur associé est resté environ 23 000 travailleurs en dessous de son niveau de 2019, dans le cadre d’une main-d’œuvre inférieure d’environ 31 000 personnes.

Gros plan sur le secteur associé des loisirs et divertissements
Le secteur des loisirs et divertissements a gagné environ 8 000 travailleurs en novembre, portant ses chiffres d’emploi à près de 574 000 et sa main-d’œuvre à environ 612 000 (tableau 6). Le chômage a augmenté de 5 400 personnes, portant le taux de chômage à 6,2 %. Le secteur était en bien meilleure posture cette année que l’année dernière, avec plus de 50 000 travailleurs supplémentaires ayant trouvé un emploi, et l’emploi y était près de 90 000 plus fort qu’en 2019.

Gros plan sur le secteur associé du transport
La main-d’œuvre (-11 000) et l’emploi (-6 500) ont tous deux diminué dans le secteur des transports par rapport à octobre, ce qui a eu pour effet de ramener le taux de chômage à 2,6 % en novembre (tableau 7). L’emploi s’élevait à 393 200 personnes, alors que la main-d’œuvre avait baissé à environ 404 000 personnes. La main-d’œuvre et l’emploi ont tous deux été plus élevés cette année que l’année dernière (environ +9 %), et également plus élevés qu’en 2019 (environ +13 %).

Gros plan sur le secteur associé des services de voyage
Les données de l’Enquête sur la population active relatives aux services de voyage ne sont pas toujours fiables, en raison de leur taille par rapport à l’ensemble du secteur du tourisme et à l’économie dans son ensemble. Les petits nombres sont susceptibles d’être faussés lorsqu’ils sont convertis en pourcentages, et ce secteur associé n’est pas bien représenté dans l’échantillon de population de l’enquête pour commencer.
Les données du tableau 8 donnent une certaine analyse de la situation du secteur, mais il est préférable de les considérer comme des variations à long terme plutôt que comme une estimation réaliste du contexte actuel de l’emploi. Dans l’ensemble, les services de voyage sont restés nettement en dessous de leur niveau de 2019, et les variations par rapport au mois dernier et à l’année dernière ont été des fluctuations relativement faibles.

Perspectives provinciales
L’économie canadienne est sujette à des différences régionales prononcées, et cela est particulièrement vrai dans le secteur du tourisme. La figure 4 présente une comparaison des taux de chômage provinciaux, pour le secteur du tourisme et pour l’ensemble de la main-d’œuvre (c.-à-d. tous secteurs associés).

Le taux de chômage dans le secteur du tourisme était généralement inférieur à celui de l’ensemble des économies provinciales, à l’exception de trois des provinces de l’Atlantique (Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador), qui ont conservé la tendance automnale observée en octobre. Les taux de chômage dans le secteur du tourisme étaient les plus élevés à l’Île-du-Prince-Édouard (12,0 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (11,6 %), et les plus faibles en Alberta (2,5 %) et au Manitoba (4,3 %).
Sommaires provinciaux pour novembre 2025
Les dix tableaux suivants présentent les sommaires des provinces pour septembre 2025, en mettant l’accent sur le tourisme et ses cinq secteurs associés. Des données comparatives sont fournies pour l’ensemble de l’économie provinciale à titre de critère de référence. Des données non désaisonnalisées sont fournies pour la main-d’œuvre, l’emploi et les heures travaillées, et la dernière ligne de chaque tableau indique la part du tourisme dans chacune de ces mesures. La part du travail à temps partiel (par opposition au travail à temps plein) est également fournie, en tant qu’indicateur approximatif de la composition de la main-d’œuvre, ainsi que les taux de chômage.
Lorsque les données n’étaient pas disponibles en raison de la suppression de Statistique Canada, la mention « N/A » a été inscrite dans le tableau. Les trois territoires ne sont pas inclus dans les publications de l’EPA à ce niveau de granularité, de sorte qu’aucune comparaison n’est possible entre les territoires et les provinces. Les provinces sont classées par ordre alphabétique.










Voir notre Veille sur la main-d’main-d’œuvre en tourisme.
[1] Tel que défini par le Compte satellite du tourisme canadien. Les secteurs associés au SCIAN inclus dans le secteur du tourisme qui cesseraient d’exister ou qui verraient leur niveau d’activité considérablement réduit en raison de l’absence de tourisme.
[2] SOURCE : Enquête sur la population active de Statistique Canada, tableaux personnalisés. Basé sur des données non désaisonnalisées recueillies pour la période du 9 au 15 novembre 2025.
[3] Statistique Canada définit le travail à temps plein comme étant 30 heures par semaine, et le travail à temps partiel comme étant moins de 30 heures par semaine.