Aperçu de l’Enquête sur la population active : janvier 2026

Le secteur du tourisme subit un déclin qui s’inscrit dans un contexte de ralentissement économique général.

Le secteur du tourisme[1] en janvier 2026 s’est légèrement contracté par rapport à décembre[2], la main-d’œuvre (-0,5 %) et l’emploi (-1,6 %) ayant tous deux diminué. Toutefois, ces pertes sont globalement conformes aux tendances observées dans l’ensemble de l’économie, où la main-d’œuvre a diminué de 0,8 % et l’emploi de 1,2 %. Il peut s’agir d’une contraction saisonnière régulière ou d’un effet des pressions économiques continues auxquelles est confrontée l’économie canadienne.

Le tableau 1 donne un aperçu des performances de chaque secteur associé en termes de main-d’œuvre, d’emploi et de chômage, par rapport à décembre 2025 [variation mensuelle], janvier 2025 [variation annuelle] et janvier 2019 comme base de référence prépandémique. Les petites flèches représentent des variations inférieures à 1 % (ou à un point de pourcentage, dans le cas du chômage). 

Au niveau des secteurs associés de l’hébergement et de la restauration, on observe une certaine variabilité par rapport au mois dernier, les gains enregistrés dans les secteurs des loisirs et divertissements, des transports et, dans une moindre mesure, des services de voyage. Par rapport à l’année dernière, seuls les services de restauration ont connu une baisse, bien que la restauration et l’hébergement soient restés en dessous des niveaux de 2019.

Secteur du tourisme

En janvier, l’emploi dans le secteur du tourisme a diminué de 33 000 travailleurs, soit trois fois plus que la perte observée dans la main-d’œuvre, ce qui a fait grimper le taux de chômage d’un point de pourcentage. Les deux indices étaient supérieurs d’environ 2 % à ceux de l’année dernière et d’environ 4 % à ceux de 2019. Le tableau 2 présente un résumé des statistiques de l’emploi au niveau sectoriel.

Dans tous les secteurs de l’économie canadienne, le taux de chômage a augmenté à 6,7 % par rapport à décembre (calculé à l’aide de données non désaisonnalisées), demeurant plus élevé que le taux de chômage national dans le secteur du tourisme, qui est de 5,9 %. La main-d’œuvre et l’emploi à l’échelle de l’économie ont tous deux diminué d’un mois à l’autre (tableau 3).

L’emploi dans le secteur du tourisme représentait 10,0 % de l’ensemble de l’emploi au Canada, 9,3 % de la main-d’œuvre canadienne totale travaillant dans le secteur du tourisme.

Emploi à temps partiel et à temps plein

L’emploi à temps partiel[3] au niveau sectoriel s’est légèrement contracté par rapport à décembre (figure 1), et bien qu’il se soit légèrement contracté en glissement annuel depuis janvier 2025, ces variations ont été minimes. Il est resté relativement stable, à environ 41 % de temps partiel, soit un peu plus qu’en 2019. Le travail à temps partiel dans l’hébergement a diminué par rapport à décembre et d’une année sur l’autre ces dernières années, pour finir à environ 2 points de pourcentage en dessous de son niveau de 2019. En revanche, les loisirs et divertissements ont connu une augmentation générale du travail à temps partiel par rapport aux tendances prépandémiques (+4,5 pp), avec peu de variation sur les périodes plus récentes. Les tendances de l’emploi sont restées stables dans le secteur de la restauration, tandis que celui des transports a connu une plus grande volatilité, sans toutefois s’éloigner de manière significative des 20 % environ, même s’il est resté inférieur aux niveaux de 2019. Le secteur associé des services de voyage a lui aussi été très variable, ce qui est probablement un artefact de la petite taille de ce secteur associé par rapport à l’échantillon de l’EPA.

Heures travaillées

Les heures travaillées dans le tourisme offrent une perspective utile sur la stabilité de la main-d’œuvre, car elles fournissent davantage d’informations sur les tendances observées dans le nombre d’emplois et la part du travail à temps partiel. En janvier, le nombre total d’heures travaillées a diminué par rapport à décembre (-4,8%), mais a légèrement augmenté par rapport à l’année dernière (figure 2), ce qui va de pair avec les chiffres de l’emploi. Le nombre total d’heures travaillées est resté inférieur aux niveaux de 2019.

Au niveau des secteurs associés (figure 3), l’hébergement et les transports ont tous deux enregistré des hausses par rapport à l’année dernière, bien que les tendances soient différentes pour ces deux secteurs : l’hébergement a continué à augmenter régulièrement depuis le creux historique observé en 2021, tandis que la hausse plus importante dans les transports semble être due à un chiffre anormalement bas en janvier 2025. Les heures travaillées dans les loisirs et divertissements en janvier ont légèrement diminué au cours des dernières années, conformément à l’augmentation progressive globale du travail à temps partiel dans ce secteur associé. Les heures travaillées dans les services de restauration ont été plus variables, ce qui reflète certaines des difficultés rencontrées par ce secteur ces dernières années : d’abord pour se remettre de la pandémie de la COVID-19, puis pour faire face aux variations de la demande des clients dans un contexte d’incertitude économique. Les services de voyage ont enregistré de très légères augmentations d’une année sur l’autre depuis 2022. En janvier 2026, les loisirs et divertissements, les transports et les services de voyage ont dépassé le nombre d’heures travaillées en janvier 2019, bien que, comme pour toutes les données relatives aux services de voyage, ces chiffres doivent être pris avec prudence.

Gros plan sur l’hébergement

L’hébergement a terminé l’année 2025 en hausse, dépassant pour la première fois les niveaux de 2019, mais le mois de janvier a été marqué par une baisse substantielle (tableau 4). Environ 24 000 personnes ont quitté leur emploi dans le secteur, soit une baisse de 13 % par rapport au mois précédent, ce qui a fait remonter le taux de chômage à 9,2 %. Le nombre total d’emplois (159 000) a augmenté de près de 6 % par rapport à la Variation annuelle, bien que ces niveaux restent inférieurs d’environ 9 % aux chiffres de 2019.

Gros plan sur la restauration

La restauration a poursuivi sa tendance à la baisse en décembre (tableau 5), les pertes d’emploi dépassant celles de la main-d’œuvre, ce qui a ajouté près d’un point de pourcentage au taux de chômage. Le nombre d’emplois (915 000) a diminué à la fois par rapport à la Variation annuelle (-2%) et par rapport aux niveaux prépandémiques (-4%).

Gros plan sur les loisirs et divertissements

Les loisirs et divertissements ont enregistré de légères hausses de la main-d’œuvre et de l’emploi par rapport à décembre (tableau 6), poursuivant la tendance générale de croissance soutenue au cours de l’année écoulée, ce qui porte la main-d’œuvre à 617 000 et l’emploi à 565 000. Le taux de chômage a légèrement augmenté à 8,4 % par rapport à décembre, mais il est resté inférieur à celui de l’année dernière. Ce secteur associé a connu une croissance substantielle depuis 2019, la main-d’œuvre et l’emploi ayant augmenté d’environ 20 %.

Gros plan sur les transports

À l’instar des loisirs et divertissements, les transports ont connu une trajectoire de croissance plus soutenue que les autres secteurs associés au tourisme depuis la pandémie, une tendance qui s’est poursuivie en janvier (tableau 7). La main-d’œuvre et l’emploi ont enregistré des gains modestes par rapport à décembre (environ 1 %), et des gains plus substantiels par rapport à l’année dernière et à 2019 (entre 9 % et 10 %). L’emploi s’élevait à près de 400 000 en janvier.

Gros plan sur les services de voyage

Les données associées au secteur des services de voyage ne donnent pas toujours un aperçu précis de la main-d’œuvre à un moment donné, en raison de sa part relativement faible dans l’ensemble de l’économie et de l’échantillonnage utilisé dans le cadre de l’enquête sur l;a population active. Les données présentées ici doivent être prises avec prudence et interprétées par rapport aux tendances à long terme du secteur.

Les données de l’EPA de janvier font état d’une augmentation modérée de la main-d’œuvre et de l’emploi par rapport à décembre (tableau 8), et d’une augmentation légèrement plus importante par rapport à l’année dernière. Les services de voyage ont également dépassé les niveaux de 2019, bien qu’il faille considérer ces données avec un certain scepticisme, étant donné que de petites variations dans le monde réel peuvent être amplifiées de manière disproportionnée lors de la mise à l’échelle nécessaire à la production de ces estimations.

Perspectives provinciales

L’économie canadienne est sujette à des différences régionales prononcées, et cela est particulièrement vrai dans le secteur du tourisme. La figure 4 présente une comparaison des taux de chômage provinciaux, pour le secteur du tourisme en particulier et pour la main-d’œuvre totale (c.-à-d. comprenant tous les secteurs associés), à titre de point de comparaison.

Le taux de chômage du secteur touristique a dépassé celui de la main-d’œuvre totale en Colombie-Britannique, au Manitoba, au Québec, au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve-et-Labrador, la différence étant la plus prononcée dans les provinces de l’Atlantique. Les taux de chômage dans le secteur du tourisme étaient les plus élevés à Terre-Neuve-et-Labrador (14,7 %) et au Nouveau-Brunswick (10,4 %), et les plus faibles en Saskatchewan (4,2 %) et en Ontario (4,6 %).

Sommaires provinciaux pour janvier 2026

Les dix tableaux suivants présentent les sommaires de janvier 2026 pour les provinces, en mettant l’accent sur le tourisme et ses cinq secteurs associés. Des données comparatives sont fournies pour l’ensemble de l’économie provinciale, à titre de critère de référence. Des données non désaisonnalisées sont fournies pour la main-d’œuvre, l’emploi et les heures travaillées, et la dernière ligne de chaque tableau indique la part du tourisme dans chacune de ces mesures. La part du travail à temps partiel (par opposition au travail à temps plein) est également indiquée, en tant qu’indicateur approximatif de la composition de la main-d’œuvre, ainsi que les taux de chômage.

Lorsque les données n’étaient pas disponibles en raison des suppressions de Statistique Canada, la mention « N/A » a été inscrite dans le tableau. Les trois territoires ne sont pas inclus dans les publications de l’EPA à ce niveau de granularité, de sorte qu’aucune comparaison n’est possible entre les territoires et les provinces. Les provinces sont classées par ordre alphabétique.

Voir notre Veille sur la main-d’main-d’œuvre en tourisme.


[1] Tel que défini par le Compte satellite du tourisme canadien. Les industries du SCIAN incluses dans le secteur du tourisme sont celles qui cesseraient d’exister ou qui fonctionneraient à un niveau d’activité considérablement réduit en conséquence directe de l’absence de tourisme.

[2] SOURCE : Enquête sur la population active de Statistique Canada, tableaux personnalisés. Basé sur des données non désaisonnalisées recueillies pour la période du 11 au 17 janvier 2026.

[3] Statistique Canada définit le travail à temps plein comme 30 heures par semaine, et le travail à temps partiel comme moins de 30 heures par semaine.