Month: novembre 2019

Au cours des prochaines années, le secteur du tourisme pourrait afficher une très forte croissance, autant comme moteur de l’économie qu’en tant que source d’emplois au Canada. Cependant, un enjeu de taille lui fait obstacle : les pénuries de main-d’œuvre auxquelles sont confrontées les entreprises touristiques, notamment dans les régions rurales et éloignées.

Quelque 63 % des entreprises touristiques signalent que les pénuries de main-d’œuvre sont un enjeu bien réel, qui se traduit dans la réalité par la difficulté à recruter des employés qualifiés, des problèmes de recrutement au niveau local et l’incapacité à retenir des employés fiables.

En tant que principales sources d’information sur la main-d’œuvre en tourisme au Canada, RH Tourisme Canada est heureux d’annoncer la publication du plus récent rapport sur l’offre et la demande de main-d’œuvre en tourisme, intitulé Le point sur les perspectives de croissance dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Ce rapport quantifie les répercussions des tendances démographiques et économiques à long terme sur l’offre et la demande de main-d’œuvre dans le secteur du tourisme au Canada.

Le rapport complet est disponible sur le site www.emerit.ca. Une synthèse des résultats est accessible gratuitement sur le site www.tourismhr.ca.

Faits saillants

  • Selon l’Enquête sur les postes vacants et les salaires 2015, il y avait 22 320 postes vacants à l’année dans le secteur du tourisme au Canada en 2015.
  • D’ici 2035, les touristes et les Canadiens pourraient dépenser jusqu’à 338 milliards de dollars dans le secteur du tourisme et quelque 2,3 millions de travailleurs seront nécessaires pour répondre à la demande.
  • Au cours des dernières années, le Canada a accueilli de plus en plus d’immigrants chaque année. Ces changements dans les politiques d’immigration permettront d’atténuer les pénuries de main-d’œuvre, mais ils ne l’élimineront pas totalement.
  • D’ici 2035, il pourrait y avoir 93 000 postes vacants dans le secteur du tourisme, ce qui entraînera des pertes potentielles de revenus de 10,1 milliards de dollars.

En définitive, les pénuries de main-d’œuvre sont un obstacle à la croissance du tourisme. Les résultats de l’étude montrent que ces pénuries nuisent véritablement à la croissance du tourisme ou la limitent considérablement. Les conséquences de ces pénuries, comme le désengagement des investisseurs à l’égard du secteur et l’incapacité des entreprises à répondre à la demande, pourraient coûter des millions des dollars au Canada.

Le portrait de la situation peut sembler sombre, mais les pénuries projetées ne sont pas inévitables. À l’heure actuelle, l’étude s’appuie sur la stabilité de certains paramètres, comme l’attrait des emplois en tourisme, les responsabilités liées à l’emploi, les salaires et les programmes de formation et d’éducation, mais ces paramètres pourraient changer.

Les mesures prises par les gouvernements, le secteur dans son ensemble et les entreprises individuelles pourraient considérablement accroître le nombre de travailleurs disponibles dans le secteur du tourisme. Le présent rapport nous en fournit la preuve puisqu’il rend compte des répercussions des taux majorés d’immigration (annoncés par le gouvernement en novembre 2017). Par la comparaison du scénario sans taux majoré d’immigration au scénario avec des taux majorés d’immigration, l’étude fournit en effet la preuve que des décisions au niveau politique peuvent avoir une incidence sur le marché du travail. Le secteur continuera certes d’être confronté à une pénurie de 93 000 travailleurs, mais la pénurie sera bien moins importante que les prévisions du scénario sans les taux majorés d’immigration. Autrement dit, les changements annoncés en matière de politique devraient contribuer à pourvoir 44 000 emplois en tourisme, qui seraient autrement restés vacants au cours de la période de prévision.

Le rapport est principalement axé sur les prévisions futures en matière d’offre et de demande en main-d’œuvre dans le secteur du tourisme, mais plusieurs autres questions y sont également abordées, comme les résultats de l’Enquête sur les perspectives du tourisme et les problèmes de main-d’œuvre 2018-2019, les ouvertures de poste potentielles dans le secteur du tourisme et les répercussions de l’économie de partage sur le secteur.

(non désaisonnalisé)

En octobre 2019, le taux de chômage1 dans le secteur du tourisme était de 4,6 %, soit 0,3 % de plus que le taux signalé en octobre 2018, et supérieur à celui du mois précédent (septembre 2019), où le taux de chômage était de 4,5 %.

À 4,6 %, le taux de chômage du tourisme était inférieur au taux de chômage non désaisonnalisé du Canada, qui était de 5,0 %.

À l’exception des sous-secteurs de loisirs et divertissements et de transport, tous les groupes d’industrie du tourisme ont signalé des taux de chômage inférieurs à ceux du même mois de l’année dernière (Tableau 1).

À l’échelle provinciale, les taux de chômage du tourisme ont varié entre 3,4% en Colombie-Britannique à 8,0% en Nouvelle-Écosse.

Les taux de chômage saisonniers non ajustés pour le tourisme dans chaque province, à l’exception de la Nouvelle-Écosse, du Québec et de la Saskatchewan, étaient inférieurs aux taux déclarés pour les économies provinciales (Graphique 1).

L’emploi lié au tourisme représentait 10,8 % de la population active totale du Canada en octobre.

Tableau 1 – Taux de chômage – groupes d’industrie du tourisme – octobre 2018/2019
Groupes d’industrie du tourisme2 Taux de chômage – octobre 2018 Taux de chômage – octobre 2019
Tourisme 4,3 % 4,6 %
Hébergement 7,4 % 7,0 %
Restauration 4,9 % 4,9 %
Loisirs et divertissements 4,1 % 5,0 %
Transport 2,0 % 2,9 %
Services de voyage 3,1 %
Graphique 1 – Secteur du tourisme et main-d’oeuvre totale – taux de chômage par province (non désaisonnalisé)

1 Pour déterminer le taux de chômage, les classifications d’industries (SCIAN) sont basées sur l’emploi le plus récent qui a eu lieu dans la dernière année, et sont auto-identifiés par l’intimé. Les chômeurs sont ceux qui, au cours de la période de référence, étaient disponibles pour travailler mais étaient mise à pied temporaire, étaient sans travail, ou devraient commencer un nouvel emploi dans les quatre prochaines semaines.

2 Tel que défini par le compte satellite du tourisme. Les industries du SCIAN inclus dans le secteur du tourisme sont ceux qui cesserait d’exister or de fonctionner à un niveau d’activité sensiblement réduit comme une conséquence directe de l’absence de tourisme. Source: Enquête sur la population active de Statistique Canada, totalisations personnalisées. Basé sur des données pour la semaine se terminant le 19 octobre 2019.